Lois sur l’information : Bouslimani : « Les textes d’application seront promulgués prochainement »
Les textes d’application des lois qui encadrent le secteur de la communication seront promulgués prochainement, afin de parachever l’installation des autorités de régulation, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, l’a annoncé mercredi sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, dans l’émission « L’Invité du jour ». Le ministre a rappelé que la loi organique relative à l’information, ainsi que les lois sur l’audiovisuel et sur la presse écrite et électronique, ont déjà été promulguées. Reste à les rendre pleinement opérantes. « Les pouvoirs publics sont en phase de finalisation du processus de mise en œuvre, à travers l’élaboration des textes d’application, dont la publication est prévue prochainement », a-t-il déclaré. Il a précisé que le chef de l’État « insiste pour que ce processus soit mené à son terme », en particulier sur l’installation des autorités de régulation. « Nous allons prochainement terminer le processus avec les textes d’application concernant la loi organique et installer les autorités de régulation », a-t-il ajouté. Cette démarche institutionnelle, a-t-il expliqué, vise à servir « l’intérêt du journaliste ». Se disant « convaincu » que le travail « sera encore meilleur et mieux organisé », il a indiqué que d’autres rencontres avec les professionnels sont prévues, après celles déjà tenues au ministère et à la présidence de la République.
Le chantier réglementaire s’accompagne, selon M. Bouslimani, d’un volet consacré à la formation. Il a annoncé « un vaste programme de formation pour les journalistes, qu’ils soient du secteur public ou privé », qui touche toutes les spécialités. Pour lui, la formation est un droit pour le journaliste, mais aussi une responsabilité pour les entreprises de presse, appelées à assurer la mise à niveau permanente de leurs personnels. Sur le plan socioprofessionnel, il a été clair : « Le journaliste doit être déclaré », a-t-il insisté, plaidant pour la généralisation des contrats de travail et la fin du travail non déclaré. Les droits des journalistes doivent être respectés, a-t-il dit, tout en rappelant que le métier comporte aussi des devoirs.
Un nouveau modèle économique pour la presse
L’avenir économique de la presse figure également parmi ses préoccupations. « Aujourd’hui, la presse doit avoir un nouveau modèle économique. Le digital doit s’imposer », a affirmé le ministre, qui a rappelé l’attention particulière que le président de la République accorde au numérique. Il a dressé l’état des lieux du paysage médiatique national : plus de 200 titres de presse écrite, 142 sites web d’information, onze chaînes pour l’Entreprise publique de télévision et des structures radiophoniques dans la majorité des wilayas, en attendant l’accompagnement des onze nouvelles wilayas. Il a aussi appelé à mettre en place « des instruments fiables de mesure d’audience », indispensables pour valoriser les contenus numériques, et évoqué les aides prévues par la législation ainsi que les soutiens indirects de l’État, notamment pour l’impression et le coût du papier.
Vigilance et professionnalisme
Aussi, dans un contexte marqué par les guerres hybrides, il a invité la presse nationale à la vigilance et au professionnalisme. « Nous sommes en guerre médiatique. Nous devons être mobilisés », a-t-il lancé. Les attaques informationnelles exigent, a-t-il expliqué, une approche plus proactive, fondée sur l’anticipation, la vérification des faits et la diffusion rapide d’une information crédible. Qualifiant les médias d’« arme fatale », il a résumé sa position : « L’ère de la réaction est révolue. Maintenant, il faut agir. » Il a également jugé nécessaire de renforcer le front interne, l’unité nationale étant, selon lui, un rempart essentiel.
M. Bouslimani a ensuite exhorté les journalistes à valoriser les « réalisations titanesques » du pays à l’image du projet minier de Gara Djebilet, les grands projets ferroviaires vers le Grand Sud, dont la ligne Alger-Tamanrasset, « l’un des grands paris du développement national », mais aussi les millions de logements, l’autosuffisance dans plusieurs domaines, le médicament et les stations de dessalement d’eau de mer. L’échéance des élections locales du 28 novembre a aussi été abordée. Le ministre a assuré que son département coordonne étroitement avec l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) pour réunir les conditions logistiques de la couverture du scrutin par les journalistes algériens et étrangers. Des dispositifs d’accueil et de travail seront prochainement préparés au Centre international de conférences (CIC). « Pour le 28 novembre, la presse sera au rendez-vous », a-t-il affirmé.
M. Bouslimani a rappelé l’attention du chef de l’État à l’égard de la presse nationale. « Vous avez un président de la République qui aide la presse et qui attend un retour sur l’information et le travail de proximité », a-t-il déclaré. Massinissa Raïs

