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Palestine : Octobre noir sous l’occupation

Plus de 3 000 agressions en Cisjordanie en un mois, un blocus qui étrangle Ghaza malgré le cessez-le-feu, un bilan humain qui ne cesse de s’alourdir et des prisonniers brutalisés à Ramla,  le dernier relevé des crimes de l’occupation sioniste dresse un tableau des plus inquiétants  Selon la Commission de résistance au mur et la colonisation, citée lundi par l’agence palestinienne Wafa, plus de 3 000 agressions de l’occupation sioniste et de ses colons ont visé les Palestiniens et leurs biens en octobre, soit un bond de 52,8 % par rapport à septembre (2 051 cas). Les forces d’occupation en ont commis 1 764, les colons 1 369. Ces derniers ont littéralement doublé la cadence, avec une hausse de 111,6 % en un mois, passant de 647 à 1 369 attaques. La coïncidence avec la saison des olives n’a rien de fortuit, souligne la Commission. Agriculteurs, terres et récoltes ont été pris pour cibles sans relâche, dans une offensive qui frappe le lien viscéral entre le paysan palestinien et sa terre. Au total, 5 890 arbres et cultures ont été touchés, dont 4 498 oliviers. L’occupation a également émis cinq ordres militaires visant des terres palestiniennes, entre classement en « biens domaniaux », arrachage d’arbres et saisie à des fins militaires, et procédé à 62 opérations de démolition qui ont rasé 129 structures. Côté colonisation, dix plans directeurs ont été validés en Cisjordanie et à Al-Qods-Est, auxquels s’ajoutent cinq appels d’offres, dont trois dans la ville sainte.

À Ghaza, le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025 reste largement lettre morte pour les civils. L’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme, basé à Genève, a dénoncé dimanche les restrictions imposées par l’occupation à l’entrée des marchandises. Celle-ci décide non seulement des quantités, mais aussi de la nature des produits autorisés, privilégiant le superflu au détriment des denrées de base et des fournitures médicales. Résultat : des marchés désorganisés et des centaines de milliers de familles qui peinent à se nourrir et à se soigner, au milieu des ruines laissées par la guerre génocidaire. La fermeture des points de passage entrave aussi la reconstruction. Le bilan humain, lui, continue de s’alourdir. Les autorités sanitaires palestiniennes recensent désormais 74 609 martyrs et 175 872 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Quinze corps et 38 blessés ont été acheminés vers les hôpitaux ces dernières 48 heures. Depuis la trêve du 10 octobre 2025, 1 593 Palestiniens ont été tués et 5 748 blessés, preuve que le cessez-le-feu est constamment violé.

Dans les geôles sionistes, la situation n’est pas moins alarmante. La Ligue arabe a réclamé dimanche, depuis Le Caire, une enquête internationale indépendante sur les sévices subis par des détenus de Ghaza dans la section « Rakevet » de la prison de Ramla  avec des coups de matraque, gaz lacrymogène, balles en caoutchouc, grenades assourdissantes. L’organisation exige un accès sans entrave pour le CICR, des soins pour les blessés et la libération immédiate des malades, qualifiant ces violences de « crimes contre l’humanité ». Entre 9 350 et 9 400 Palestiniens sont actuellement détenus. Face à l’impunité, la Ligue appelle l’ONU et la communauté internationale à agir. R.I.

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