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Ormuz : Téhéran se dit prêt à rouvrir le détroit en deux jours contre des garanties de Washington

L’Iran a affirmé lundi être en mesure de rouvrir le détroit d’Ormuz en deux jours seulement, contre sept dans son plan initial, à condition que ses exigences soient satisfaites. Cette annonce du porte-parole de la diplomatie, Esmaïl Baghaï, intervient alors que le spectre d’un nouveau round de confrontation avec les États-Unis se précise. Selon lui, « tout dépend » désormais de Washington, et ce raccourcissement du délai constitue un signe supplémentaire de la bonne foi de Téhéran. Les échanges se sont multipliés ces derniers jours par l’intermédiaire du Qatar, médiateur du conflit, pour tenter de relancer des négociations au point mort. Celles-ci avaient été interrompues après quarante jours de bombardements intenses, puis après l’effondrement d’un accord. La guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines, secoue l’économie mondiale et alimente la flambée des cours du pétrole. L’Iran revendique le contrôle du détroit et vise régulièrement les navires qui s’y aventurent sans son aval. En septembre, il avait soumis via Doha un plan de réouverture en sept jours, que le président américain Donald Trump avait rejeté, tout en laissant ouverte la voie de discussions indirectes. Les conditions iraniennes sont connues et sont assises sur un cessez-le-feu sur tous les fronts de la région, le dégel des avoirs gelés à l’étranger, la levée des sanctions visant le secteur pétrolier et la fin du blocus naval américain contre ses ports. Dimanche, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a ajouté à cette liste, sur Al Jazeera, l’acceptation par Washington du nouvel itinéraire de transit convenu avec Oman, ainsi qu’une réduction des effectifs militaires américains déployés récemment dans la zone.

Parallèlement, les tensions montent. Samedi, M. Trump a déclaré qu’il restait « un ou deux » sites nucléaires iraniens à traiter. Selon le média américain Axios, qui cite des sources américaines et israéliennes, il s’est entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou sur l’opportunité d’intensifier les opérations. Netanyahou, en difficulté politique après des législatives très serrées, aurait plaidé pour une frappe dès le lendemain du scrutin américain de mardi, alors que le président américain souhaiterait laisser les négociations se poursuivre. Un responsable de la Maison-Blanche affirme que l’administration ne commente pas les plans militaires sensibles, tout en maintenant « toutes les options » sur la table pour empêcher Téhéran d’obtenir l’arme nucléaire. Le secrétaire d’État Marco Rubio assure qu’aucune décision n’a été prise.

Dans ce climat, le commentateur américain Tucker Carlson a affirmé dimanche sur X, en s’appuyant sur une source anonyme, que Trump pourrait envisager une frappe nucléaire contre le site de Pickaxe Mountain, dans le centre de l’Iran. Aucun élément public ne vient étayer ces allégations. Début octobre, le président américain avait lui-même exclu l’usage de l’arme atomique contre l’Iran, et Téhéran dément toute activité nucléaire sur ce site.

Du côté iranien, M. Baghaï a prévenu que toute agression serait suivie d’une riposte immédiate et globale. De son côté, la Chine a réaffirmé son soutien à l’Iran lors d’une visite à Pékin d’Ali Bagheri, tandis que le sultan d’Oman, reçu par Xi Jinping, a appelé Washington et Téhéran à privilégier la voie de la paix. R.I.

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