Sahara occidental : Le peuple sahraoui réaffirme son attachement au droit à l’autodétermination
Après l’expiration du mandat de la mission onusienne, faute de résolution adoptée au Conseil de sécurité, le Front Polisario réaffirme que le droit à l’autodétermination reste « inaliénable et non négociable ». Il met en cause le Maroc et ses soutiens, et salue le veto russe.
Le mandat de la Minurso s’est éteint le 31 octobre sans être renouvelé, mais la question du Sahara occidental demeure, aux yeux de l’ONU, une question de décolonisation. Dimanche, depuis New York, le Front Polisario a réagi à l’annonce par le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, de la cessation des opérations de la mission déployée depuis 1991, en affirmant que le peuple sahraoui reste « déterminé à défendre ses droits ». Son représentant auprès des Nations unies, Sidi Mohamed Omar, a insisté sur le fait que le droit à la liberté et à la souveraineté est « inaliénable et non négociable ». Le diplomate sahraoui, qui s’adressait à la presse internationale à l’issue de la réunion, a reproché au texte de ne pas tenir compte des préoccupations légitimes du Front Polisario ni des observations et propositions substantielles de plusieurs membres du Conseil. Selon lui, il constituait une « grave violation du droit international » et des principes qui régissent le statut du territoire. En cherchant à prédéterminer le cadre des négociations et le règlement final, ce projet portait atteinte au droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Il a aussi averti que toute tentative de légitimer l’occupation marocaine saperait les fondements du processus de paix onusien et créerait un « dangereux précédent » pour la paix et la sécurité régionales et internationales.
Le Front Polisario rappelle que la Minurso avait été créée pour appliquer le Plan de règlement ONU-OUA et réunir les conditions d’un référendum libre et équitable, en vue de décoloniser le territoire. Il accuse le Maroc d’avoir « tout mis en œuvre pour entraver et saper le mandat de la Minurso », jusqu’à l’expulsion, en 2016, de sa composante civile, qui comprenait des observateurs de l’Union africaine. Rabat et ses alliés, dont certains membres du Conseil de sécurité, portent donc la responsabilité de cet affaiblissement et de ses conséquences.
Sidi Mohamed Omar a remercié la Russie pour son opposition au texte américain et salué l’abstention de la Chine, du Pakistan et de la Somalie. Pour lui, la position de Moscou est un message fort contre les tentatives de saper le processus de paix et le droit international, la justice et une paix durable ne doivent pas être sacrifiés à des intérêts politiques ni à des accords fondés sur des marchandages. Comme l’a relevé le secrétaire général de l’ONU, le départ de la Minurso ne remet pas en cause les droits du peuple sahraoui. Le Front Polisario se dit prêt à coopérer avec les efforts de l’ONU et du Conseil de sécurité pour une solution « juste, durable et définitive ». Les autorités sahraouies évalueront la situation et rendront publique leur position officielle « en temps voulu ». En attendant, le diplomate a salué le peuple sahraoui, ses amis et ses alliés pour cet acquis « historique », rappelant que la liberté et la souveraineté sont « une ligne rouge pour laquelle des générations se sont sacrifiées ».
Lyes Saïdi

