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Midterms : A l’heure des urnes, Trump frappe l’Iran et coupe une aide militaire à l’entité sioniste

Le président américain, Donald Trump, a confirmé, mardi, jour des élections de mi-mandat, avoir ordonné des frappes aériennes contre l’île iranienne de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz, et annoncé la fin de l’aide sécuritaire annuelle de 3,8 milliards de dollars accordée à l’entité sioniste. Ces deux décisions interviennent, selon des analystes, dans un contexte d’impopularité grandissante de l’Administration républicaine, plombée par son soutien à Israël et par la guerre contre l’Iran. Dans une interview téléphonique accordée à l’émission « Fox & Friends » de la chaîne Fox News, Trump a indiqué que l’armée américaine avait visé une installation de défense aérienne que l’Iran venait d’achever sur l’île de Qeshm, la plus grande du détroit d’Ormuz. « Dès qu’elle a été achevée, nous l’avons attaquée très efficacement la nuit dernière », a-t-il déclaré, qualifiant l’opération de « petite ».

Selon l’agence iranienne IRNA, cinq explosions consécutives ont été entendues sur l’île le 2 novembre, des habitants ayant aperçu deux avions dans le ciel. Citant des responsables américains sous couvert d’anonymat, le Wall Street Journal a rapporté qu’il s’agissait de la dernière d’une série de frappes limitées, menées ces dernières semaines et volontairement gardées secrètes, afin de ne pas laisser penser à une reprise des grandes opérations militaires. Washington présente l’action comme une mesure défensive, consécutive à des tirs du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) contre un avion américain. Israël, pour sa part, a nié toute implication.

Téhéran, « le doigt sur la gâchette », mais ouvert à la négociation

Côté iranien, les réactions ont combiné fermeté et appel au dialogue. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé que la République islamique « se réserve le droit à la légitime défense jusqu’à ce que l’agression militaire cesse complètement et définitivement ». De son côté, le président du Parlement et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a assuré que l’Iran demeurait « prêt à se battre, le doigt sur la gâchette », précisant que Téhéran avait donné à Washington une réponse « ferme et raisonnable ». « Désormais, la responsabilité de prévenir la guerre repose entre les mains des États-Unis », a-t-il souligné. Le président Massoud Pezeshkian a adopté un ton plus conciliant, avertissant qu’une reprise des hostilités ne profiterait à aucune des parties. Il a indiqué que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, avait récemment accordé au gouvernement des prérogatives supplémentaires pour négocier sur des dossiers jusque-là hors de portée de la discussion. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé la tenue de négociations indirectes « intenses » avec les États-Unis, tandis que le Qatar, médiateur, œuvre à un accord intérimaire pour éviter une nouvelle flambée. Le vice-président américain, J. D. Vance, a pour sa part fait état de « discussions constructives » et d’un certain optimisme quant à un accord négocié.

Une guerre impopulaire à la veille du scrutin

Ces évolutions militaires et diplomatiques ne peuvent, selon les observateurs, être dissociées du calendrier électoral. « Les signaux diplomatiques pourraient être tactiques à l’approche des élections de mi-mandat, car la guerre est impopulaire aux États-Unis, notamment en raison de la flambée des prix des carburants », estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, selon lequel Trump « a un intérêt politique à suggérer qu’une fin possible du conflit est envisageable ». Déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines, la guerre s’est accompagnée du verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, avec les répercussions que l’on sait sur les cours du pétrole et sur le coût de la vie des Américains. Le président américain n’a d’ailleurs pas caché sa volonté de rassurer l’opinion. « Les prix du pétrole chutent comme des pierres, parce que les gens sentent qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran », a-t-il écrit lundi sur Truth Social, alors que, le week-end précédent, il se disait prêt à donner un « coup de massue » à la République islamique. Un double langage qui illustre, selon les analystes, la difficulté d’un chef d’État à afficher sa fermeté tout en évitant une escalade qui pèserait sur les urnes. Selon Axios, Trump, qui s’est entretenu avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, partisan d’une offensive, souhaite pour l’heure laisser les négociations suivre leur cours.

C’est dans ce même contexte que M. Trump a annoncé, mardi, la fin de l’aide sécuritaire américaine à l’entité sioniste, qui courait jusqu’en 2028. « Nous donnons à Israël 4 milliards de dollars par an, et nous avons conclu un accord il y a des mois selon lequel nous arrêterions », a-t-il déclaré, assurant que M. Netanyahou était « d’accord ». « Israël est un pays très prospère. Ils n’en ont pas besoin », a-t-il ajouté, tout en promettant d’aider l’allié israélien « s’il en avait besoin ». Il a également assuré que les Américains continueraient à fournir des armes à son alliés sioniste.

Faut-il rappeler que ce mémorandum, conclu en 2016 sous l’ancien président Barack Obama, garantissait à l’entité sioniste quelque 3,8 milliards de dollars par an pour l’achat d’armements, depuis 2019 et pour dix ans. Il n’en demeure pas moins que l’annonce, faite le jour même du scrutin, intervient alors que le soutien inconditionnel de Washington à Tel-Aviv pèse sur la popularité de l’Administration, au moment où le président, qui a reconnu que le « président en exercice ne gagne pas les élections de mi-mandat », joue gros dans les urnes. Lyes S.

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