Culture

Des films primés en Espagne et aux Pays-Bas : Le cinéma algérien s’illustre à l’international

Double consécration pour le septième art algérien. Le film « Alea Jacarandas » du réalisateur Hassan Ferhani a remporté le Grand Prix de la compétition « Tiempo de Historia » à la 71e édition du Festival international du film de Valladolid (SEMINCI), en Espagne, tandis que la 7e édition du Festival maghrébin du cinéma aux Pays-Bas s’est achevée sur une moisson de distinctions pour les productions et les talents algériens. Dans un message de félicitations, la ministre de la Culture et des Arts a salué ce sacre. « J’ai le plaisir de féliciter le réalisateur Hassan Ferhani et l’équipe de son film « Alea Jacarandas » », a-t-elle écrit, estimant que ce prix « a une saveur particulière », car il ravive la mémoire de l’écrivain et journaliste Ameziane Ferhani, disparu. Dans ce film, a-t-elle expliqué, un fils marche aux côtés de son père, écoute ses récits et suit son regard sur l’Algérie et ses jacarandas. « Le père raconte, le fils garde en images sa voix et les détails de sa présence, et nous permet de marcher un moment avec eux. » La ministre y voit « une fidélité touchante », celle de faire de ce que l’on a appris des êtres chers une part de son travail. Hassan Ferhani, a-t-elle souligné, « a donné à son père une place dans la mémoire des spectateurs » et offert « une autre occasion d’écouter un homme qui aimait la culture et lui a consacré une grande partie de sa vie ». Elle a dit son attachement à la contribution de son département au soutien du film et promis de continuer à accompagner « les cinéastes qui donnent à nos histoires ce soin et leur trouvent un chemin vers le cœur des gens ».

Aux Pays-Bas, la clôture du festival a confirmé cette dynamique. Le prix de la meilleure réalisation est revenu au film algérien « Khit errouh » (Le fil de l’âme) du jeune cinéaste Youcef Mehsas. Le jury a salué un propos éloigné de toute forme de violence, centré sur l’acte humain comme cœur du récit, ainsi qu’une vision artistique singulière. Dans la catégorie des courts métrages, « Aswat » (Voix) de Sirine Achir a été distingué, le jury louant le talent prometteur de sa réalisatrice, sa sensibilité artistique et son engagement sincère envers son sujet.

. Côté interprétation, Marème N’Diaye a remporté le prix de la meilleure actrice pour « Felicity », tandis que l’acteur algérien Othmane Aggab a obtenu celui du meilleur acteur pour son rôle dans « Poupiya » de Yassine Bouaziz. Le jury a également remis son prix spécial au producteur tunisien Mehdi Hosni, pour son engagement en faveur de la diffusion du cinéma en salles et de films abordant des questions culturelles et sociales. Le film « Une autre fin » a, de son côté, reçu une mention spéciale pour la force de son langage cinématographique et la maîtrise de son récit visuel. Fondé par les frères algériens Hakim et Karim Traidia, établis aux Pays-Bas, le festival a réuni producteurs, réalisateurs, comédiens et professionnels, qui ont présenté leurs œuvres et échangé avec le public. Il a aussi servi de lieu de rencontre entre cinéastes d’origine africaine installés en Europe et acteurs de la scène cinématographique néerlandaise. L’enjeu est double car ces distinctions donnent une visibilité accrue à une création algérienne en quête de rayonnement et rappellent le rôle du soutien public dans l’émergence de cinéastes capables de porter, au-delà des frontières, des récits ancrés dans la mémoire et la société. Mohand S.

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