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Pour la Tanzanie, l’Algérie est le « pont vital » du commerce africain

L’Algérie tient une place de premier plan dans la dynamisation du commerce intra africain, grâce à sa situation à l’extrême nord du continent qui en fait un « pont géographique vital » entre le nord et le sud. C’est le message porté lundi à Alger par l’ambassadeur de la République unie de Tanzanie, Mobhare Holmes Matinyi, lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’ambassade. Un appui de poids pour Alger, au moment où le pays cherche à faire de sa géographie un levier économique en direction du reste de l’Afrique. Le diplomate tanzanien n’a pas caché son enthousiasme. Il a dit la « fierté » de son pays de compter l’Algérie parmi ses amis et exprimé sa « ferme conviction » que les liens de coopération entre les deux États profiteront aux deux peuples, mais aussi à l’ensemble du continent. Au passage, il a renouvelé son appel aux opérateurs algériens pour qu’ils explorent les opportunités d’investissement et les secteurs économiques porteurs que recèle la Tanzanie.

Car Dar es Salaam entend jouer sa propre carte. Selon M. Matinyi, son pays occupe une position singulière, au carrefour des marchés de l’Afrique de l’Est, du Centre et du Sud. Cet espace regroupe plus de 500 millions d’habitants et ouvre, a-t-il insisté, de vastes perspectives. L’ambassadeur a rangé ces atouts parmi les principaux développements concrets du mois d’octobre dernier dans la relation bilatérale. Cette complémentarité s’appuie sur une histoire commune qui remonte à plus de soixante ans. Le diplomate a rappelé que les deux pays ont forgé leurs liens dans une lutte unie pour la libération du continent. L’Algérie s’y est imposée comme un acteur incontournable des mouvements de libération, tandis que la Tanzanie accueillait le siège du Comité de libération de l’Afrique, rattaché à l’Organisation de l’unité africaine. Cet épisode a posé, selon lui, les fondations d’un accord politique et diplomatique étroit qui s’est prolongé pendant des décennies.

L’ambassadeur affirme que cet héritage se traduit aujourd’hui par une concertation permanente au sein de l’Union africaine et des Nations unies, et par des principes partagés face aux conflits qui secouent le continent et le monde. Les deux capitales se retrouvent aussi dans la défense des droits des peuples. Parmi les dossiers qui les rapprochent figurent la question du Sahara occidental et le soutien à la solution à deux États pour la cause palestinienne, sans oublier de nombreuses autres questions d’intérêt commun.

Reste à transformer cette convergence politique en échanges concrets. Le plaidoyer de M. Matinyi en faveur de l’investissement va dans ce sens, et l’appel sonne comme une invitation à passer de la solidarité historique à la coopération économique. Une orientation que défend Alger depuis des mois, avec ses partenaires du continent. Massinissa Raïs

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