Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne de l’immunologie : L’Algérie est en train de vivre « la pandémie des non vaccinés »

La situation épidémiologique devient de plus en plus inquiétante, faisant craindre les pires scenarios. Les mesures de confinement sont renforcées dans plusieurs wilayas où les autorités locales recourent à la fermeture de certains espaces publics comme les marchés hebdomadaires, et au renforcement du confinement. Pour les spécialistes, les jours à venir risquent d’être difficiles et expliquent la multiplication des cas de contamination par les variants du virus, le relâchement dans le respect des mesures barrière et insistent sur la nécessité de se faire vacciner.

C’est le cas du président de la Société algérienne de l’immunologie, Pr Kamel Djenouhat qui estime que l’Algérie est en train de vivre « la pandémie des non vaccinés ». Celui-ci a refusé de considérer que les citoyens soient l’unique facteur de la propagation de la pandémie du Covid 19, considérant que c’est juste un facteur parmi d’autres. Intervenant jeudi sur les ondes de la Radio algérienne, le Pr. Kamel Djenouhat a mis l’accent sur « la nature même du variant Delta qui a provoqué une propagation exponentielle des contaminations ». Il précise ainsi qu’une personne atteinte du variant Delta peut en effet contaminer rapidement des dizaines d’autres sujets provoquant ainsi l’accélération rapide de la chaîne.

La plus grande inquiétude, pour le président de la Société algérienne d’immunologie, « réside dans les prévisions pour un futur très proche avec un plus grand nombre de contaminés et donc de décès », expliquant que « l’on est en train de vivre la pandémie des non vaccinés » pour reprendre une expression américaine de la même situation qui a vécu une vague qui a touché les personnes non vaccinées et qui ont perdu leur immunité. La situation est d’autant plus alarmante, ajoute Pr Djenouhat, car le virus Delta commence à toucher les catégories d’âge plus jeunes allant jusqu’à citer des cas de nouveau-nés de quinze jours présentant les symptômes d’atteinte. Evoquant le troisième facteur de cette propagation, Pr Kamel Djenouhat a estimé que « les autorités doivent être plus fermes dans l’application des mesures barrières », précisant que les lieux ouverts tels que les plages ne sont pas sujet d’inquiétude contrairement aux endroits fermés comme les salles des fêtes. L’intervenant préconisera plutôt de revoir les horaires de confinement à 20H pendant une courte période afin de réduire la chaîne d’une contamination qui s’accélère généralement le soir en cette saison estivale. Le président de la Société algérienne d’immunologie tirera la sonnette d’alarme quant à la saturation des structures sanitaires car, estime-t-il, cette troisième vague a fait que les hôpitaux sont devenus des services de réanimation étant donné que les personnes atteintes par le variant Delta ont toutes besoin d’oxygène. Toutefois, le médecin regrettera, allusion faite à l’hôpital Mustapha, que « des établissements sanitaires de 1.200 lits se déclarent saturés pour 250 à 300 lits attribués aux malades du Covid 19 ».

Au chapitre de la vaccination, Pr Djenouhat exprimera son satisfecit quant à la bonne réaction des citoyens face aux nombreuses campagnes de sensibilisation. « À présent, ce sont les citoyens qui cherchent après le vaccin qui est heureusement disponible », note-t-il tout en préconisant de passer à la vitesse supérieure en allant vers les vaccinodrome ». Et d’ajouter que « l’obligation vaccinale ou thérapeutique sera la meilleure solution ».  

Akli Amor

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