Attribution du statut d’observateur de l’UA à l’entité sioniste : Le front du rejet s’élargit

L’offensive diplomatique destinée à éjecter l’entité sioniste de l’Union africaine porte ses fruits. L’ensemble des ministres arabes des Affaires étrangères, tout comme la délégation permanente de l’UA auprès de la Ligue arabe ont affiché leur claire opposition à l’attribution à l’entité sioniste du statut d’observateur au sein de l’organisation panafricaine.

La décision unilatérale du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat d’accorder le statut d’observateur à l’entité sioniste suscite l’opposition de plusieurs pays. Ainsi et à moins d’un mois de la 39 session du Conseil exécutif de l’UA qui soit se pencher sur la question, de nombreux pays africains et arabes ont affiché leur opposition à cette décision et rejoignent le camp du rejet. Une position une nouvelle fois réaffirmée lors de la tenue de la 156esession du Conseil de la Ligue des Etats Arabes, et au cours de laquelle les ministres des Affaires étrangères ont exprimé à l’unanimité « leur rejet et leur déception » à la suite de la décision, d’accorder à l’entité sioniste le statut d’observateur auprès de l’organisation panafricaine et ils n’ont pas hésité à le faire savoir. « À l’unanimité, les MAE arabes réunis dans le cadre de la 156esession du Conseil de la Ligue arabes le 9 septembre courant, ont exprimé leur rejet et leur déception à la suite de la décision du président de la Commission de l’UA d’accorder le statut d’observateur à Israël au sein de l’organisation continentale », affirment-ils dans une lettre envoyée mardi par la délégation permanente de l’UA auprès de la Ligue arabe (AUPD) à Moussa Faki.

« En effet, la réaction des ministres était d’autant plus vive que le soutien traditionnel, inconditionnel et ferme de l’Afrique à la cause du peuple palestinien dans le conflit qui l’oppose à l’entité sioniste, était perçu comme un grand sujet de fierté par les peuples et les Etats arabes », écrit la délégation dans sa lettre. Et d’ajouter que « dans les coulisses de la réunion, on s’accorde à considérer que l’entrée d’Israël à l’UA, après des tentatives vaines depuis deux décennies, risque de saper la relation stratégique qui fonde les relations entre les deux Organisations régionales basées sur le combat commun contre le colonialisme et la discrimination raciale ainsi que la promotion de la paix et la coopération ». « Pour montrer l’importance de la question dans le contexte politique actuel, celle-ci était inscrite dans l’agenda du Conseil en tant que point subsidiaire du thème central relatif au conflit israélo-arabe mais aussi dans le cadre du point concernant la sécurité nationale arabe au titre duquel l’extension de la présence israélienne en Afrique a toujours constitué un sujet de préoccupation majeure pour les la Ligue arabe », souligne encore la délégation de l’UA.

La délégation permanente de l’UA auprès de la Ligue arabe a, en outre, signalé dans sa missive que « les pays arabes-africains, très actifs au cours de la réunion, ont désapprouvé, à l’instar des autres Etats-Membres, la décision unilatérale du président de la Commission de l’UA de recevoir les Lettres de Créances du nouvel ambassadeur d’Israël et ont exprimé leur volonté de soulever la question devant le Conseil exécutif de l’Union africaine lors de sa prochaine réunion ».

Il est utile de rappeler dans ce contexte que l’Algérie est parvenue, par voie diplomatique, à inscrire la décision du président de la Commission de l’UA à l’ordre du jour du prochain Conseil exécutif de l’UA, prévue le 13 octobre prochain, pour statuer sur les réserves exprimées par les Etats membres ayant rejeté l’admission de l’entité sioniste à l’UA en tant qu’observateur.

La décision de Moussa Faki a suscité le rejet de l’Algérie et de plusieurs pas arabes et africains. L’Algérie avait vite réagi à la démarche de la Commission africaine, affirmant que « cette décision, prise sans le bénéfice de larges consultations préalables avec tous les États membres, n’a ni la vocation, ni la capacité de légitimer des pratiques et comportements dudit nouvel observateur qui sont totalement incompatibles avec les valeurs, principes et objectifs consacrés dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine ».Aussi, sept délégations permanentes auprès de l’UA ont exprimé au mois d’août dernier leur opposition à la décision d’accorder à l’entité sioniste le statut d’observateur auprès de l’Union, dans une note verbale, établie par les ambassades d’Algérie, d’Egypte, des I’îles Maurice, de Tunisie, de Djibouti, de Mauritanie et de Libye. Il en est de même pour les pays de la Communauté de développement de l’Afrique Australe, y compris l’Afrique du Sud qui a déposé une objection officielle auprès de l’UA.

Chokri Hafed

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