Régions

Annaba : Les céréaliculteurs menacent de boycotter

Les céréaliculteurs de la wilaya d’Annaba ont soulevé une batterie de revendications  qui pourraient être, à défaut de leurs satisfactions, à l’origine d’une saison ratée.

Dans un rassemblement organisé devant la direction des services de l’agriculture de la wilaya d’Annaba, les professionnels de la filière céréalicultureont fait part de leur détresse quant aux conditions dans lesquelles évolue la culture des céréales à Annaba. Les fellahs de la région d’Annaba se sont dits las d’attendre que les autorités locales décident, enfin, de se pencher sur leurs problèmes. C’est pourquoi ils ont décidé de passer à l’action, en saisissant les responsables de la Direction des services agricoles (DSA) sur les subventions et autres aides allouées aux céréaliculteurs, notamment. Les protestataires ont clairement menacé de boycotter la campagne des semis cette saison en raison de l’insuffisance justement des dispositifs d’aide et d’accompagnement institués par l’Etat. « Les prix des pesticides et de l’engrais, qui sont deux éléments essentiels de l’agriculture, ont enregistré une hausse de prix insoutenable ‘’ L’aide instituée par l’État n’est plus en mesure de leur permettre  de faire face à ces dépenses incontournables’’, ont lancé les céréaliculteurs. Dans le détail, nos interlocuteurs ont avancé à titre d’exemple, ‘’le taux de subvention des pesticides est figé  depuis la dernière loi à 25 %, alors que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts entre temps », a déploré un céréaliculteur.  Celui-ci  estime qu’il est  temps, voire même nécessaire, de penser à une actualisation urgente des efforts étatiques pour assurer la sécurité alimentaire en matière de blé. À ce titre, ils ont exigé l’augmentation à hauteur de 50% le taux de  subventions. En ce sens, une plateforme de revendications a été remise aux services de la DSA d’Annaba en présence du secrétaire de wilaya de l’Union des fellahs à Annaba. Dans leur plateforme, les professionnels de la céréaliculture ont expliqué queles coûts des intrants étant déjà insupportables pour les agriculteurs, s’y ajoutent les aléas naturels, dont les dégâts ont fortement impacté la production. Ceci alors que les agriculteurs en difficulté de paiement réclament un rééchelonnement des dettes qu’ils doivent à la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR).  Les protestataires ont justifié cette revendication par les inondations et les pluies qui ont fait des ravages chez beaucoup d’agriculteurs. Situation à l’origine de leur incapacité de s’acquitter de leurs échéances de crédit. En ce sens, on nous a signalé la tenue d’une réunion regroupant des cadres de la chambre d’agriculture avec le directeur de la BADR d’Annaba. La rencontre a porté sur l’étude des mécanismes de rééchelonnement des dettes des fellahs, suite aux dégâts occasionnés par les pluies et les inondations. Selon les informations filtrées sur cette réunion, le responsable de l’institution financière, la BADR en l’occurrence, a affiché son entière disposition à aider les fellahs, à condition d’avoir l’aval écrit  officiel de la direction des services agricoles. Le responsable a s’est dit prêt à recevoir les dossiers des fellahs, à travers le guichet unique, dont le traitement s’effectuera dans les meilleurs délais, bien entendu après acceptation de la tutelle. Par ailleurs, et au titre de la même plateforme, les protestataires ont également  présenté d’autres doléances en rapport avec les prix d’achat de leurs produits par l’Etat. « Le prix de 4.500 DA pour le quintal est dépassé du fait de l’augmentation des charges. Les fellahs souhaitent le voir porté à 6.000 DA pour le blé dur et et 5.000 DA pour le blé tendre. Car, selon les protestataires, le prix des céréales aux OAIC  n’a pas changé depuis 2008.

Sofia Chahine

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