Algérie-Tunisie : Des relations ancrées dans le passé et tournées vers l’avenir

Le 8 février 1958, l’aviation de l’armée coloniale a bombardé le village Tunisien de Sakiet Sidi Youcef, village situé à proximité de la frontière algéro-tunisienne, causant ainsi la mort de plusieurs civils.

Pour la commémoration de cet événement qui a endeuillé des dizaines de familles algériennes et tunisiennes, le Premier ministre et ministre des Finances Aimene Benabderrahmane, a présidé, hier une Tunisie, avec son homologue tunisienne Nadjla Bouden, la cérémonie de commémoration du 64e anniversaire de ces massacres qui marquent une partie de la mémoire nationale.

Le Premier ministre a ainsi souligné lors  de la cérémonie à Kef que l’attachement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune à ce que les relations bilatérales entre l’Algérie et la Tunisie soient « spéciales et privilégiées. »

« Ma présence aujourd’hui parmi vous pour commémorer l’anniversaire de cette épopée héroïque intervient à la demande du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui veille à conférer à nos relations avec la Tunisie, pays frère, un caractère spécial et privilégié au regard des liens de fraternité, de bon voisinage, d’histoire et de destin communs liant les deux pays », a indiqué le Premier ministre.

L’hôte de la Tunisie, a également évoqué les déclarations des deux chefs d’Etats, qui « se sont exprimés au sujet des relations d’amitié entre les deux pays, à l’occasion de la visite qu’avait effectuée le président Abdelmadjid Tebboune en Tunisie le 15 et le 16 décembre 2021, laquelle a été couronnée par la signature de nombre de contrats dans divers domaines  entre les deux pays ainsi que par la Déclaration de Carthage qui est un prélude dans le développement des relations entre les deux pays ». Le chef de l’Exécutif a salué en ce sens la visite du président de la République à la mi-décembre en Tunisie, affirmant que  ses résultats « se cristalliseront davantage lors des prochaines échéances bilatérales, notamment à la réunion de la Grande commission mixte algéro-tunisienne en vue de promouvoir ensemble le niveau de la coopération bilatérale au rang de partenariat efficient et solidaire, à la hauteur des aspirations des deux peuples frères et basé sur les objectifs de complémentarité et d’intégration conformément aux exigence actuelles et des enjeux futurs. »

Parmi les priorités, précise le Premier ministre et ministre des finances, « qui feront l’objet de discussions, de concertations et de coordinations entre les deux gouvernements, seront celles relatives au développement des zones frontalières entre la Tunisie et l’Algérie, à travers la mis en place d’une nouvelle vision et le lancement de projets de développements devant être plus réalistes et suscitant un intérêt aux populations de ces régions ».

Le Premier ministre a également exprimé sa « profonde  satisfaction »  à l’égard des réalisations communes et les résultats issus des relations entre les deux pays, qui doivent être, selon Aimene Ben Abderrahmane, « un exemple en matière de coopération et de bon voisinage et sera la pierre angulaire dans l’édification d’un  nouvel espace régional qui se fera avec plus de cohésion notamment dans un contexte régional et international, marqué par l’accélération des événements et l’augmentation des risques et des défis dont ceux ciblant la stabilité et la sécurité de notre région ».Aimene Benabderrahmane, a également  indiqué que « les événements de Saket Sidi Youcef, illustrent pleinement la sauvagerie dont fait preuve le système colonial à travers sa politique répressive à l’égard des peuples luttant pour le recouvrement de la souveraineté de leurs pays ». « Ces événements ont montré, à l’époque, au monde entier la barbarie de l’occupation française, ses méthodes ignobles et ses politiques répressives envers les peuples en quête de liberté, tout en permettant d’attirer l’attention de l’opinion publique sur la Révolution algérienne et le niveau qu’elle avait atteint en terme d’organisation et de puissance, une révolution qui avait réussi à déstabiliser l’occupant qui croyait avoir mis en place tous les moyens militaires pour l’étouffer », a affirmé le Premier ministre. Il a également indiqué, que « les deux peuples, tunisien et algérien, se sont mobilisés pour écrire cette page glorieuse de leur histoire commune, ayant marqué leur volonté à défendre avec conviction  les principes de liberté  et de dignité mais aussi la profondeur des liens existant entre eux que la sauvagerie coloniale n’a pas pu briser ».

Aimene Benabderrahmane s’est d’abord rendu en compagnie de son homologue tunisienne  à Kef où les deux responsables se sont  recueillis devant la stèle commémorative   à la mémoire des victimes assassinées par l’armée coloniale. Le Premier ministre, s’est par la suite rendu avec  les membres de la délégation qui l’ont accompagné à une exposition de photos et de documents historiques relatant les massacres des populations civiles composées à la fois d’Algériens et de Tunisiens, tous assassinés dans le village de Sakiet Sidi Youcef.

Boubekeur Amrani

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