FIFA : Dans la ligne de mire de la justice suisse

L’instance du football internation vit au rythme des scandales et des affaires en justrice. Un feuileton loin encore de connaîte son épilogue. 

Attribution du Mondial 2022, mise en cause du patron de la FIFA Gianni Infantino, affaire Blatter-Platini: le football mondial fait l’objet d’une multitude de procédures, comme le procès en appel visant Nasser Al-Khelaïfi, président de beIN et du PSG, et l’ex-dirigeant Jérôme Valcke, qui s’ouvre aujourd’hui. Manne financière de la FIFA, les droits télévisés sont aussi sa principale source de contentieux. Ainsi le «Fifagate», qui démarre avec l’arrestation spectaculaire le 27 mai 2015 de sept dirigeants du foot mondial à Zurich, concerne avant tout le «racket» mené par des responsables sud-américains en échange des droits TV de compétitions continentales. Pour les droits TV de la Coupe du monde, relevant directement de la FIFA, le Qatarien Nasser Al-Khelaïfi et le Français Jérôme Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA , étaient accusés d’avoir conclu un pacte dans le dos de la FIFA, relevant de la «gestion déloyale», dans une affaire relative aux Mondiaux-2026 et 2030. Al-Khelaïfi a été acquitté en octobre 2020, tandis que Valcke a écopé d’une peine légère dans une autre affaire sans lien avec le dirigeant qatarien. Le parquet a fait appel et le procès doit se tenir du 7 au 10 mars en Suisse. La chute des deux anciens dirigeants, mis au ban du foot mondial fin 2015, cache un double contentieux: d’abord l’affaire principale ciblant un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) de la FIFA à Michel Platini en 2011, validé par le président de l’époque Sepp Blatter sans contrat écrit. La justice suisse a ouvert le 2 novembre 2021 la voie à un procès contre Platini (66 ans) et Blatter (85 ans), mis en accusation pour plusieurs délits: «escroquerie», «gestion déloyale», «abus de confiance» et «faux dans les titres». De leur côté, les deux hommes martèlent qu’il s’agit d’un reliquat de salaire pour un travail de conseiller remontant à la période 1999-2002. Il revient désormais au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone de valider cet acte d’accusation et de décider de la tenue d’un procès. Élu en 2016 avec la promesse de «restaurer l’image de la FIFA», Gianni Infantino est, lui, visé depuis juillet 2020 par une procédure pénale pour «incitation à l’abus d’autorité», à la «violation du secret de fonction» et à «l’entrave à l’action pénale». La justice suisse lui reproche trois rencontres secrètes en 2016 et 2017 avec Michael Lauber, alors chef du Ministère public de la confédération (MPC), nourrissant des soupçons de collusion entre le parquet et la FIFA, partie civile dans la plupart des procédures. Les investigations ont repris le 15 décembre, après sept mois de paralysie consécutive à la récusation en mai 2021 du procureur suisse Stefan Keller, qui enquêtait sur le dossier et avait également décelé des «indices» de «gestion déloyale» dans un vol en jet privé effectué par nfantino en 2017 et payé par la Fifa. L’enquête la plus embarrassante pour la FIFA, par l’ombre qu’elle jette sur sa compétition-reine, vise l’attribution au Qatar de l’organisation du Mondial-2022. Documentés par une enquête interne de la FIFA, les soupçons d’achats de voix lors du vote du 2 décembre 2010 ont justifié une plainte fin 2014 auprès de la justice suisse, qui enquête depuis mai 2015 pour «blanchiment d’argent et gestion déloyale». Parallèlement, la justice française enquête pour «corruption active et passive» sur un déjeuner tenu le 23 novembre 2010 entre Nicolas Sarkozy, alors président de la République, deux hauts dirigeants qatariens et Michel Platini, à l’époque patron de l’UEFA. A ce sujet, Sepp Blatter a été entendu comme «témoin» par les enquêteurs français en novembre 2021. Si le Qatar focalise l’attention, le Mondial 2018 en Russie et celui de 2010 en Afrique du Sud sont aussi entachés par des soupçons de corruption. 

R. S. 

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