Les forces nucléaires russes s’entraînent près de Moscou : Un pas de plus vers un conflit nucléaire ?

La Russie a lancé hier des manœuvres militaires nucléaires près de Moscou. Un développement inédit depuis le début du conflit en Ukraine, qui pose un certain nombre de questions quant à l’évolution de la confrontation qui oppose à distance la Russie et l’Otan, les Etats-Unis en tête.

Poutine veut-il imposer une supériorité stratégique nucléaire, ou se prépare-t-il à l’éventualité d’un conflit nucléaire ? La Russie n’a pas écarté le risque d’un conflit nucléaire au début de l’opération en Ukraine. Un propos qui avait été mis, par l’Otan sur le compte de la dissuasion. Or, aujourd’hui, ce risque devient plus concret. Au moment où le Kremlin avertit les USA qu’en alimentant l’Ukraine en armes, ils jettent de l’huile sur le feu, la défense russe a lancé de grandes manoeuvres avec ses forces nucléaires dans le nord-est de Moscou. C’est l’agence de presse Interfax qui a annoncé hier que quelque 1 000 militaires s’exercent à des manœuvres intenses à l’aide de plus de 100 véhicules, dont des lanceurs de missiles balistiques intercontinentaux Yars. Il y a quelques jours, la Russie a effectué un nouveau test avec succès de missile hypersonique. Selon les précisions du ministère russe de la Défense qui ont été révélées dans un communiqué, il s’agissait d’un missile de croisière hypersonique Zircon. Le tir a été effectué à partir de la frégate Amiral Gorchkov, en mer de Barents. La cible se trouvait en effet  dans les eaux de la mer Blanche, dans l’Arctique. La Russie semble ainsi affûter ses armes. Des armements qui semblent dépasser les besoins d’un conflit mineur comme celui qui se joue en Ukraine, mais plutôt destinés à se préparer à un conflit de plus grande envergure. Il est vrai que Moscou a averti à plusieurs reprises contre les velléités de l’Otan à s’élargir à l’Est, enjeu majeur du conflit en Ukraine. Et la perspective de l’adhésion de la Finlande et de la Suède ne fait qu’alimenter les tensions sur cette question. Mais c’est le rôle actif de Washington dans le conflit en Ukraine et qui y mène une guerre par correspondance qui semble inciter Moscou à se préparer à tous les scénarios. En effet, le Kremlin a indiqué hier que Washington est en train de « jeter de l’huile sur le feu » après l’annonce de la livraison de systèmes de missiles américains à Kiev pour repousser l’offensive russe en Ukraine. « La ligne des Etats-Unis est de combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien. De telles livraisons n’encouragent pas les dirigeants ukrainiens à vouloir relancer les négociations de paix », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. « Les Etats-Unis jettent délibérément et soigneusement de l’huile sur le feu », a-t-il ajouté. Le président américain Joe Biden a écrit mardi dans le New York Times que son pays allait « fournir aux Ukrainiens des systèmes de missiles plus avancés et des munitions qui leur permettront de toucher plus précisément des objectifs clé sur le champ de bataille en Ukraine ».

Hier, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a laissé entendre que ces livraisons pouvaient accroître le risque d’une confrontation directe entre Washington et Moscou. « Toutes les livraisons d’armes, qui se poursuivent et sont croissantes, augmentent les risques d’un tel développement », a-t-il affirmé, cité par  l’agence de presse RIA-Novosti.

Sur le terrain, le camp russe semble gagner plus de terrain chaque jour. Ainsi, les séparatistes ukrainiens prorusses d’Ukraine ont affirmé hier avoir enregistré un gain tactique en coupant l’une des deux seules routes menant à la ville d’Avdiïvka près de Donetsk. Par conséquent, les séparatistes ont « enfin coupé la garnison d’Adviïka de l’une des deux lignes d’approvisionnement à sa disposition » et ont pour objectif « l’encerclement du groupe ukrainien » dans cette ville, selon la même source.

Par ailleurs, les forces ukrainiennes semblaient hier près de céder à Severodonetsk, ville stratégique du Donbass.   Après 98 jours de guerre, les forces russes « contrôlent désormais 70% de Severodonetsk », a déclaré hier Serguiï Gaïdaï, gouverneur de cette région du bassin du Donbass, sur sa chaîne Telegram.

Chokri Hafed

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