Crise libyenne : Des affrontements entre milices à Tripoli font 16 morts

Des affrontements vendredi dans la capitale libyenne Tripoli ont fait 16 morts et une cinquantaine de blessés, selon un nouveau bilan publié hier par le ministère libyen de la Santé. Seize personnes ont été tuées et 52 blessées, a indiqué le ministère dans un communiqué. « Tous les blessés reçoivent des soins médicaux dans les hôpitaux » de la ville, a-t-il ajouté, sans préciser le nombre de civils parmi les morts et les blessés. Le Service des ambulances et de secours à Tripoli avait fait état vendredi de trois civils tués. Les combats se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi et n’ont cessé qu’en fin d’après-midi vendredi. Ils ont opposé deux groupes armés : la Force al-Radaa (dissuasion) et la Brigade des Révolutionnaires de Tripoli, tous deux rattachées au pouvoir exécutif. Selon des sources locales, la détention par un groupe armé d’un combattant appartenant à l’autre camp serait l’élément déclencheur des affrontements qui ont touché plusieurs quartiers de la ville. A la suite de ces incidents, le Premier ministre, Abdelhamid Dbeibah, a suspendu le ministre de l’Intérieur, Khaled Mazen, et chargé Bader Eddine al-Toumi, ministre de la Gouvernance locale, d’assurer l’intérim « jusqu’à nouvel ordre ». 

Ces affrontements sont symptomatiques du chaos dans lequel est plongée la Libye depuis le renversement par l’OTAN du régime de Mouammar El Gueddafi en 2011 et dont elle ne parvient pas à s’extirper. Deux gouvernements parallèles se disputent par ailleurs le pouvoir depuis mars. Celui de Tripoli, mis sur orbite début 2021 sous l’égide de l’ONU pour mener la transition jusqu’à des élections qui n’ont pas encore eu lieu, et un gouvernement formé en mars et soutenu par le Parlement, qui a élu provisoirement domicile à Syrte (centre. 

Ce n’est pas tout. Coupures d’électricité incessantes, inflation, insécurité… les Libyens subissent de plein fouet le chaos qui frappe leur pays depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar El Gueddafi. Les infrastructures sont déficientes, l’économie à terre, les services défaillants. Le secteur névralgique de l’énergie a pâti de la guerre: pétrole dilapidé, infrastructures endommagées ou non entretenues, blocus. 

Début juillet, des manifestations ont été organisées à travers le pays contre la dégradation des conditions de vie et le chaos politique. A Tobrouk (est), des manifestants ont forcé l’entrée du Parlement avant d’y mettre le feu. Cette institution est l’un des symboles de la division du pays entre un camp basé en Cyrénaïque (est), dont le chef de file est le maréchal Khalifa Haftar, et un gouvernement basé à Tripoli dirigé par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah. 

K.L. et agences

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