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Pakistan : Trois morts dans un affrontement entre partis politiques

Trois personnes ont été tuées et sept autres blessées hier lors d’un affrontement entre deux partis politiques rivaux dans la province méridionale du Sindh au Pakistan, ont indiqué des responsables.

L’affrontement s’est produit dans le district de Larkana entre les travailleurs du Parti du peuple pakistanais (PPP) et de la Grande alliance démocratique (GDA), ont indiqué des sources officielles. Le débat houleux entre les rivaux a dégénéré en une fusillade, au cours de laquelle trois personnes, dont un sous-inspecteur adjoint de la police, ont été tuées. La police locale s’est rendue sur place pour disperser les manifestants et contrôler la situation.Les blessés, dont deux se trouvent dans un état critique, ont été transférés dans un hôpital voisin.  

La police pakistanaise a averti dimanche qu’elle allait sévir contre les rassemblements illégaux après que le parti de l’ancien Premier ministre emprisonné Imran Khan a exhorté ses partisans à manifester contre des fraudes présumées lors des élections de jeudi dernier. Les candidats indépendants, pour la plupart liés au parti de M. Khan, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), ont remporté le plus grand nombre de sièges lors du scrutin, réduisant ainsi les chances de la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de l’ex Premier ministre Nawaz Sharif, soutenue par l’armée, d’obtenir une majorité pour diriger le pays. Mais les indépendants ne peuvent pas former un gouvernement, ce qui laisse augurer de semaines d’incertitude politique, où les partis rivaux vont devoir négocier d’éventuelles coalitions. Les dirigeants du PTI affirment qu’ils auraient remporté encore plus de sièges si les élections n’avaient pas été truquées selon eux. La Commission électorale du Pakistan (CEP) a annoncé hier les résultats complets des élections générales 2024, qui se sont tenues le 8 février. Selon les résultats annoncés pour l’Assemblée nationale (chambre basse du Parlement), les candidats indépendants ont obtenu 101 sièges, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif a remporté 75 sièges et les parlementaires du Parti du peuple pakistanais de l’ancien ministre des Affaires étrangères Bilawal Bhutto Zardari ont gagné 54 sièges.Le Mouvement Muttahida Qaumi-Pakistan est crédité de 17 sièges, suivi par Jamiat Ulema-e-Islam Pakistan (4), la Ligue musulmane du Pakistan (3), tandis que le parti Istehkam-e-Pakistan et le parti national du Baloutchistan en ont obtenu deux sièges chacun. La CEP a annoncé le résultat pour 262 des 266 sièges de l’Assemblée nationale, à l’issue du scrutin organisé le 8 février dans l’optique d’élire un gouvernement pour le prochain mandat de cinq ans. La coupure par les autorités des services de téléphonie et d’internet mobiles jeudi, jour du scrutin, et la lenteur du décompte des résultats ont fait soupçonner des tentatives de manipulations du processus électoral par les militaires, visant à faire gagner le PML-N. « Dans tout le Pakistan, les élections ont été truquées de manière subtile », a déclaré le président du PTI, Gohar Ali Khan, lors d’une conférence de presse samedi, appelant ses partisans à « manifester pacifiquement » dimanche. Les autorités ont prévenu qu’elles prendraient des mesures strictes, en vertu d’une loi de l’ère coloniale qui interdit les rassemblements de cinq personnes ou plus. « Certains individus incitent à des rassemblements illégaux autour de la Commission électorale et d’autres bureaux gouvernementaux », a déclaré dimanche la police de la capitale, Islamabad. « Des poursuites judiciaires seront engagées contre les rassemblements illégaux. Il convient de noter qu’appeler à des rassemblements est aussi un délit. » Un avertissement similaire a été émis à Rawalpindi, au sud d’Islamabad, tandis que des correspondants de l’AFP ont vu des dizaines de policiers équipés de matériel anti-émeute se rassembler près du Liberty Market de la ville de Lahore (est). « Les résultats indiquent clairement qu’aucun parti ne dispose d’une majorité simple permettant de former un gouvernement », a déclaré l’analyste politique Zahid Hussain. « L’avenir politique du pays est désormais très incertain », a-t-il estimé. Néanmoins, les dirigeants du PTI estiment avoir reçu un « mandat du peuple » pour former le prochain gouvernement du Pakistan. « Le peuple s’est prononcé en faveur d’Imran Khan », a déclaré le président du PTI, Gohar Ali Khan dans un entretien accordé à Arab News. Une alliance entre le PML-N et le PPP – qui a formé le dernier gouvernement après avoir évincé M. Khan par un vote de défiance en avril 2022 -, semble toujours être le scénario le plus probable. Appelant les chefs de partis politiques à faire preuve de « maturité politique » et « d’unité », le chef de l’armée pakistanaise Syed Asim Munir a déclaré samedi dans un communiqué: « La nation a besoin de mains sûres et dotées d’un pouvoir de guérison pour rompre avec la politique de l’anarchie et de la polarisation ».

R.I. avec agences

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