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L’Algérie appelle, une nouvelle fois, à un cessez-le-feu à Ghaza

La situation humanitaire dans la Bande de Ghaza est indescriptible. Aux conditions inhumaines auxquels les Palestiniens sont soumis, s’ajoute la menace de la faim et de déshydratation qui risque d’emporter les survivants du pilonnage israélien permanent de l’enclave. Une situation dénoncée avec force par l’Algérie, qui a une nouvelle fois appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures pour garantir l’accès de la population à l’aide humanitaire et surtout imposer un cessez-le-feu.

L’Algérie est une nouvelle fois revenue au Conseil de sécurité de l’ONU, comme elle l’avait promis, pour demander des mesures concrètes afin de venir en aide à la population de Ghaza et de mettre fin au calvaire vécu par les Palestiniens. Une aide qu’il ne sera possible d’acheminer aux populations qu’en imposant un cessez-le-feu dans l’enclave. Lors d’une séance publique au Conseil de sécurité sur la « Protection des civils dans les conflits armés: la sécurité alimentaire dans la bande de Ghaza », le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a dénoncé les politiques de l’occupation sioniste qui utilise la faim comme une arme de guerre contre la population. « Pendant que les populations à Ghaza attendent les aides humanitaires, l’occupant sioniste utilise la famine comme arme de guerre », a rappelé le diplomate algérien qualifiant l’utilisation délibérée et systématique de cette politique de « violation flagrante du droit international car elle vise à pousser les habitants du secteur à la détresse et au désespoir en portant atteinte à leur dignité ». Il a souligné par ailleurs qu’en décembre dernier, les estimations du  Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) indiquaient qu’à la fin février 2024, tous les habitants de Ghaza, soit 2,2 millions d’habitants, seraient confrontés à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, soit le niveau le plus élevé dans le monde.Les efforts des travailleurs humanitaires et les rares décisions prises par le Conseil n’ont pas permis d’améliorer la situation, en l’absence d’un cessez-le-feu, regrette-t-il. Amar Bendjama a indiqué en outre que la communauté internationale se retrouve impuissante et désespérée face à ce drame sans précédant, soulignant que le flux des aides actuellement est en deçà du niveau requis d’autant que les activités de commerce sont complètement paralysées. Le diplomate algérien a rappelé que le programme alimentaire mondial pour l’acheminement des aides dans le Nord de Ghaza a été suspendu pour des raisons de sécurité, estimant que les deux décisions 2712 et 2720 sont inefficaces sur le terrain et leur effet est limité et que « si l’agression ne cesse pas, l’acheminement des aides humanitaires sera compromis ». Il a affirmé que l’agression contre Ghaza « est une punition collective infligée au peuple palestinien ». »Notre silence est comme si l’on cautionnait la politique de famine et les massacres perpétrés contre les populations palestiniennes », a-t-il dit. Il a souligné que « le Conseil de sécurité doit exiger en urgence un cessez-le-feu car notre inaction équivaut à une complicité dans ce crime », a conclu M. Bendjama.

Les agences de l’ONU s’alarment

Lors cette séance plusieurs agences de l’ONU se sont alarmées de la situation humanitaire dans la bande de Ghaza, appelant elles aussi à un cessez-le feu à Ghaza seul moyen de permettre à ces agences de venir en aide aux populations. Ainsi, le chef adjoint du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Ramesh Rajasingham, a souligné que la situation à Ghaza est grave, la quasi-totalité de la population étant obligée de compter sur « une aide alimentaire humanitaire terriblement inadéquate pour survivre ». Il a dit qu’il y avait des risques que la situation empire. « Les opérations militaires, l’insécurité et les restrictions étendues sur l’entrée et la livraison des biens essentiels ont décimé la production alimentaire et l’agriculture », a-t-il ajouté. Les hostilités ont provoqué des pénuries généralisées, de lourds dégâts aux infrastructures hydrauliques et une pénurie de produits et même d’opportunités de pêche, parallèlement à une faim croissante et à un risque imminent de famine, a-t-il déclaré. Pour sa part, Maurizio Martina, Directeur général adjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a également dressé un sombre tableau de la situation à Gaza, à l’heure où au moins 378.000 de ses habitants connaissent la phase la plus grave d’insécurité alimentaire aiguë. Au 15 février, 46,2%de toutes les terres cultivées étaient estimées endommagées, a-t-il déclaré, soulignant que les infrastructures agricoles ont été dévastées, les niveaux de destruction les plus élevés incluant les fermes ovines et laitières. Plus d’un quart des puits ont été détruits, notamment dans le nord de Gaza et dans la ville de Gaza, et 339 hectares de serres ont été détruits, les plus gravement dans la ville de Ghaza, le nord de Ghaza et à Khan Younis. Dans le même temps, de lourdes restrictions sur les livraisons d’aide ont rendu impossible toute opération humanitaire significative, a-t-il déclaré. La cessation des hostilités et la restauration de l’espace humanitaire pour fournir une assistance multisectorielle et rétablir les services sont « des premières étapes essentielles pour éliminer le risque de famine », a affirmé M. Martina.

Moscou appelle à des sanctions

Carl Skau, Directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que le Comité d’examen de la famine a mis en garde contre une réelle perspective de famine d’ici mai, avec 500.000 personnes en danger si la menace se matérialise. Aujourd’hui, l’aide alimentaire est nécessaire à la quasi-totalité de la population, soit 2,2 millions de personnes. « Ghaza connaît le pire niveau de malnutrition infantile au monde », a-t-il déclaré. Un enfant de moins de deux ans sur six souffre de malnutrition aiguë. Le PAM est prêt à étendre et à intensifier rapidement ses opérations en cas d’accord de cessez-le-feu. Une action immédiate est nécessaire pour permettre une augmentation considérable du volume de nourriture et d’autres fournitures humanitaires, ajoute-t-il

De son côté, le représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, a souligné la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu urgent afin d’éviter la famine dans la bande de Ghaza.  Il a rappelé que le Conseil de sécurité de l’ONU « a le pouvoir d’activer le régime de sanctions lorsque l’aide humanitaire est bloquée ».  « Je pense que le moment est venu », a-t-il déclaré, soulignant que les informations contenues dans le rapport soumis par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), aux membres du Conseil de sécurité sur la situation à Ghaza, ont « gelé le sang dans les veines ». M. Vassili a affirmé que l’aide humanitaire ne pouvait être acheminée à Ghaza en raison des obstacles de l’occupation sioniste, précisant que l’aide qui a été autorisée à entrer n’a pu arriver qu’au sud de l’enclave.

Biden sanctionné pour son soutien aux sionistes

Il faut dire que le Conseil de sécurité a échoué à imposer un cessez-le-feu à Ghaza, et à assurer un accès suffisant de la population palestinienne à l’aide humanitaire en raison de soutien actif et inconditionnel à l’entité sioniste. Une position qui suscite l’ire de son électorat parmi les jeunes démocrates progressistes et les minorités notamment arabes et musulmanes. Une position qui risque de lui coûter cher lors de la présidentielle de novembre 2024, comme l’a d’ailleurs récemment souligné le chef de la diplomate européenne. Un avertissement qui se confirme au regard des résultats de la primaire démocrate du Michigan, lors de laquelle il a été sévèrement sanctionné pour son soutien à l’entité sioniste. Selon de premières estimations, plus de 50.000 votes « non engagés », l’équivalent d’un vote blanc, ont été déposés dans les urnes de cet Etat, répondant à un appel à faire pression sur le président américain pour un cessez-le-feu immédiat à Ghaza. Ce résultat est inquiétant pour le dirigeant démocrate car il avait remporté de peu cet Etat face à Donald Trump il y a quatre ans. Chaque défection entame ses chances d’être réélu à la présidentielle de novembre.

Lyes Saïdi

23 contenus haineux s à l’encontre des Palestiniens chaque publié minute

Le résumé du nouveau rapport du Centre arabe pour l’avancement des réseaux sociaux (« 7amleh ») intitulé : « Index du racisme et de l’incitation 2023 », a été publié mardi sur le site de l’Association France Palestine solidarité (AFPS) et montre « une augmentation inquiétante » des discours de haine et d’incitation ciblant les Palestiniens sur diverses plateformes en ligne. Les efforts de « 7amleh » ont révélé qu’ »en moyenne, 23 contenus violents ou haineux ont été publiés à l’encontre des Palestiniens chaque minute au cours de la période qui a suivi le 7 octobre. Bon nombre des auteurs de ces contenus néfastes ont exprimé des sentiments positifs à l’égard des contenus violents qu’ils ont partagés, sans exprimer de culpabilité, de honte, d’épuisement ou de tristesse ».

Pour récolter ces données, « 7amleh » a lancé en octobre l’ »indicateur de violence », un modèle linguistique basé sur l’intelligence artificielle (IA) qui surveille en temps réel les discours de haine et de violence en hébreu à l’encontre des Palestiniens. Fait remarquable, le modèle linguistique de l’IA a détecté « plus de 10 millions de cas de contenus violents en hébreu sur trois grandes plateformes de réseaux sociaux. Notamment, les trois quarts de ces contenus inquiétants ont été trouvés sur X (anciennement Twitter) ».

R.N.

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