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Face à la menace acridienne : L’État met le paquet

L’État a pris des mesures préventives afin de faire face à ce danger environnemental.

Face à la menace des essaims de criquets pèlerins qui risquent de compromettre les cultures et l’approvisionnement alimentaire du pays, l’Algérie a déployé une stratégie nationale rigoureuse. C’est ce qu’a affirmé hier le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Hamid Bensaad, lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale. « L’État a pris des mesures préventives afin de faire face à ce danger environnemental », a-t-il déclaré, en soulignant que ces dispositions s’inscrivent dans le cadre des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

La stratégie mise en place repose sur plusieurs axes. Tout d’abord, la mobilisation des comités nationaux et de wilayas chargés de la surveillance et de l’intervention rapide. Un dispositif de veille a été renforcé par une collaboration étroite avec les pays voisins tels que la Libye, le Niger et le Mali, afin de suivre les déplacements des essaims et empêcher leur progression vers le territoire algérien. Ensuite, des équipes de terrain, équipées des technologies les plus modernes, ont été déployées, tandis que des opérations de lutte aérienne ont été engagées grâce à l’utilisation d’hélicoptères spécialement dotés de systèmes de pulvérisation avancés.

Le président Tebboune a insisté, au cours du dernier Conseil des ministres, sur la nécessité de prendre toutes les mesures requises pour contenir la propagation du criquet pèlerin, ce qui a conduit à un renforcement des missions de reconnaissance et d’intervention rapide. L’Algérie bénéficie d’une expertise importante dans la gestion de ce fléau depuis son indépendance, grâce à la mise en place d’organismes spécialisés dans la détection et le traitement du phénomène.

50 000 hectares de terres agricoles traités

D’après les chiffres communiqués par le ministère de l’Agriculture, plus de 50 000 hectares de terres agricoles infestées par le criquet ont déjà été traités. Huit hélicoptères équipés de systèmes de pulvérisation avancés sont mobilisés pour atteindre les zones difficiles d’accès. De plus, une réunion de coordination se tiendra à Ouargla avec des représentants de 23 wilayas du Sud concernées par la lutte contre le criquet, en présence de plusieurs ministères clés, notamment ceux de la Défense nationale, de l’Intérieur, de l’Énergie et des Transports.

L’impact du changement climatique sur la prolifération du criquet pèlerin a été également souligné par Bensaad. Les vents du sud ont favorisé le déplacement des essaims vers d’autres régions du pays, bien que la situation demeure sous contrôle grâce aux interventions menées. « La lutte contre le criquet ne se limite pas à son éradication lorsqu’il apparait, mais repose aussi sur un suivi permanent et une veille scientifique », a-t-il précisé. Des équipes de chercheurs étudient en continu les cycles de migration de ces insectes et les facteurs environnementaux qui influencent leur reproduction. L’implication des agriculteurs et la sensibilisation du grand public figurent parmi les priorités de la stratégie nationale. Des campagnes d’information ont été lancées pour aider les agriculteurs à reconnaître les premiers signes d’une invasion et leur apprendre les procédures à suivre pour signaler toute présence suspecte. En parallèle, des pesticides et autres moyens de lutte ont été distribués dans les zones les plus vulnérables. L’Algérie possède un long historique en matière de lutte antiacridienne. L’expérience de 2004 demeure un modèle référent, bien que le contexte actuel diffère en raison des changements climatiques et de l’expansion des terres agricoles dans le sud du pays. En conclusion, Hamid Ben Saad a insisté sur l’importance de la mobilisation et de la coopération de toutes les institutions concernées. « La coordination entre les différents secteurs gouvernementaux restera le principal levier pour endiguer la menace acridienne et préserver la sécurité alimentaire du pays », a-t-il conclu.

Lyna Larbi

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