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Face à l’escalade des violences à Ghaza: L’Algérie demande une réunion d’urgence au Conseil de sécurité de l’ONU

L’Algérie a officiellement demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter de la dangereuse escalade dans les territoires palestiniens occupés, particulièrement dans la bande de Ghaza. Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte d’aggravation dramatique de la situation humanitaire, marquée par la récente découverte des corps de 15 travailleurs humanitaires assassinés par les forces d’occupation sionistes et par une intensification des bombardements qui ont fait de nouvelles victimes civiles. La réunion est prévue pour cet après-midi afin d’examiner la détérioration de la situation humanitaire, les moyens de désescalade et la protection des civils dans l’enclave palestinienne, soumise à un blocus étouffant depuis plus d’un mois. Le massacre des travailleurs humanitaires à Rafah constitue l’un des événements les plus choquants de ces derniers jours. Le Coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a réclamé que justice soit faite après l’assassinat de huit ambulanciers du Croissant-Rouge palestinien, six secouristes de la Défense civile et un membre du personnel de l’ONU lors d’une attaque menée par les forces d’occupation sionistes dans le sud de Ghaza. Selon Jonathan Whittall, chef du Bureau de coordination de l’aide humanitaire des Nations Unies (OCHA) dans les territoires palestiniens occupés, ces travailleurs clairement identifiés avaient été dépêchés pour secourir des blessés le 23 mars dans la région de Rafah lorsqu’ils ont essuyé des tirs. Cinq ambulances, un camion de pompiers et un véhicule de l’ONU, tous clairement identifiés, ont été ciblés par des tirs sionistes. Les corps des victimes n’ont été retrouvés que cinq jours plus tard, certains écrasés sous leurs véhicules ou partiellement ensevelis, témoignant de la brutalité de cette attaque que le Croissant-Rouge palestinien a qualifiée de massacre. Le chef de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini, a déploré la mort de deux employés supplémentaires de son agence dans cette même attaque, ce qui porte à 408 le nombre total de travailleurs humanitaires tués depuis le début de l’agression, dont plus de 280 membres du personnel de l’UNRWA. Lazzarini a dénoncé « une grave atteinte à la dignité humaine », rappelant que « cibler ou mettre en danger les intervenants d’urgence, les journalistes ou les travailleurs humanitaires constitue un mépris flagrant et grave du droit international. » Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a également condamné cette attaque, soulignant que la découverte des corps huit jours après l’incident « soulève des questions importantes quant à la conduite de l’armée d’occupation sioniste pendant et après l’incident. »

Parallèlement à ce massacre de travailleurs humanitaires, l’entité sioniste a intensifié ses bombardements sur l’ensemble de la bande de Ghaza. Hier, au moins 19 Palestiniens, dont des enfants et des femmes, sont tombés en martyrs lors d’un bombardement contre une clinique de l’UNRWA dans le camp de Jabalia, au nord de l’enclave. Le même jour, 15 autres Palestiniens, dont des enfants, ont péri dans un bombardement visant une maison abritant des personnes déplacées dans le centre de Khan Younes, au sud de Ghaza. Selon les autorités palestiniennes de la santé, le bilan total de l’agression sioniste contre Ghaza depuis le 7 octobre 2023 s’élève désormais à 50 423 martyrs et 114 638 blessés, dont 1 066 martyrs et 2 597 blessés depuis la reprise des bombardements le 18 mars, après une interruption de deux mois suite à un cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier. La situation humanitaire dans l’enclave s’aggrave également de jour en jour avec la fermeture de toutes les boulangeries de Ghaza en raison d’une pénurie de farine et de carburant, après que l’occupation sioniste a empêché l’importation de ces fournitures pendant un mois entier. Selon Abdel Nasser Al-Ajrami, chef de l’Association des boulangeries de Ghaza, « la guerre de la famine fait à nouveau rage » dans l’enclave qui consomme normalement 450 tonnes de farine par jour.

Pendant ce temps, l’entité sioniste ne se gêne plus pour afficher ses ambitions territoriale et sa volonté d’étendre l’occupation et a annoncé hier une importante extension de son agression dans la bande de Ghaza afin de s’emparer de vastes portions de l’enclave palestinienne et de les inclure dans ses zones de sécurité, ce qui risque d’entraîner de nouveaux déplacements massifs de population, aggravant encore davantage la crise humanitaire qui frappe les Palestiniens de Ghaza depuis maintenant plus de 18 mois.

Lyes Saïdi

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