Économie

Matières premières : Le pétrole clôture 2025 sur sa pire performance depuis 2020

Les cours du pétrole ont légèrement reculé vendredi lors de la première séance de 2026, dans un contexte de tensions géopolitiques contradictoires et de craintes persistantes de surabondance de l’offre, après avoir enregistré en 2025 leur pire repli depuis 2020 avec des chutes de plus de 18% pour le Brent et 19% pour le WTI.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne pour livraison en mars, a perdu 0,16% à 60,75 dollars, tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en février, a reculé de 0,17% à 57,30 dollars. Cette entame timide de l’année 2026 s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 particulièrement difficile pour le marché pétrolier, marquée par des perspectives de surplus d’offre par rapport à la demande. Les opérateurs continuent de scruter attentivement l’évolution des tensions géopolitiques, qui envoient des signaux contradictoires au marché. D’un côté, les tensions montent en Iran où un mouvement de contestation a débuté dimanche, faisant six morts lors de heurts entre manifestants et forces de sécurité. Le président américain Donald Trump a assuré vendredi que les États-Unis sont « prêts, armés et parés à intervenir » si des manifestants étaient tués dans le pays. En réaction, un conseiller du guide suprême iranien, Ali Shamkhani, a déclaré que toute intervention américaine en Iran constituerait une « ligne rouge » et serait suivie d’une « riposte ». Cette escalade des tensions n’est pas anodine pour le marché pétrolier dans la mesure où l’Iran borde le détroit d’Ormuz, par où transite 20% des barils dans le monde. Tout blocage de ce passage stratégique augmenterait donc la prime de risque sur le marché et pourrait provoquer une flambée des cours.

Mais de l’autre côté, les négociations pour une résolution de la guerre en Ukraine se poursuivent en ce début d’année, et un accord pourrait faciliter les exportations de brut russe, aujourd’hui sous sanctions occidentales. Une résolution du conflit ukrainien permettrait potentiellement le retour sur le marché de volumes importants de pétrole russe, ce qui viendrait accentuer les craintes de surabondance qui pèsent déjà sur les cours.

Le Brent a ainsi glissé de plus de 18% et le WTI de plus de 19% en 2025, marquant le pire repli pour le secteur depuis 2020, année marquée par la pandémie de Covid-19 et la chute historique de la demande mondiale. Les perspectives pour 2026 restent marquées par cette incertitude, entre d’un côté les risques géopolitiques qui pourraient soutenir les cours, et de l’autre les fondamentaux du marché qui plaident pour une poursuite de la faiblesse des prix.

L’or et l’argent entament l’année sur une note positive

Contrairement au pétrole, les métaux précieux débutent l’année en hausse vendredi, le marché s’attendant à ce que l’or et l’argent continuent de progresser en 2026 après une année 2025 exceptionnelle, particulièrement pour l’argent. Dans la matinée, l’or prenait 1,63% à 4.389,9 dollars l’once, confirmant son statut de valeur refuge prisée par les investisseurs dans un contexte d’incertitudes économiques et géopolitiques persistantes.

L’once d’argent repartait également à la hausse, prenant 3,98% à 74,51 dollars, après plusieurs séances de forte volatilité depuis son record atteint lundi. L’argent a connu une année 2025 exceptionnelle avec une hausse de son cours de plus de 150%, performance remarquable qui s’explique par plusieurs facteurs convergents. Le métal blanc a profité de son statut d’alternative à l’or comme valeur refuge, attirant les investisseurs en quête de protection contre l’inflation et les turbulences des marchés financiers. Mais au-delà de cet aspect financier, l’argent a surtout bénéficié d’une demande industrielle importante et croissante, liée aux secteurs en pleine expansion de la transition énergétique et de la révolution numérique.

Le photovoltaïque, les véhicules électriques et les centres de données utilisés par le secteur de l’intelligence artificielle constituent désormais des débouchés majeurs pour l’argent, dont les propriétés conductrices sont essentielles pour ces technologies. Les perspectives pour 2026 restent positives pour les métaux précieux, les analystes anticipant une poursuite de la dynamique haussière dans un environnement mondial toujours marqué par les incertitudes.

Samira Ghrib

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