La Banque d’Algérie assouplit sa politique monétaire : Des mesures pour stimuler l’investissement
Dans un contexte de maîtrise de l’inflation, le Conseil de la monnaie et du crédit de la Banque d’Algérie a décidé de réduire son taux directeur de 25 points de base à 2,5% et de diviser par deux le taux de réserves obligatoires, le ramenant à 1%, des mesures destinées à injecter des liquidités dans le système bancaire et à faciliter le financement de l’économie productive dès 2026.
Lors de sa réunion du 7 janvier, le Conseil de la monnaie et du crédit a adopté deux instructions des mesures pour stimuler l’investissement. Selon le communiqué officiel publié le 8 janvier, ces décisions reflètent « une lecture nouvelle du paysage économique et financier » et s’inscrivent dans une stratégie visant à accompagner la reprise de l’activité économique tout en préservant les équilibres macroéconomiques.
L’instruction, numérotée 02-2026, modifie « le taux d’intérêt directeur applicable aux opérations principales de refinancement » qui « est fixé à 2,50% », contre 2,75% précédemment. Cette baisse de vingt-cinq points de base constitue un signal fort adressé aux établissements bancaires, censé réduire le coût du financement et encourager l’octroi de crédits aux entreprises et aux particuliers. L’autorité monétaire espère ainsi stimuler la dynamique de l’investissement et soutenir les projets générateurs de richesse et d’emplois.
La seconde instruction, portant le numéro 01-2026, révise le régime des réserves obligatoires. Désormais, « le taux des réserves obligatoires est fixé à 1% de l’assiette des réserves », soit une diminution d’un point de pourcentage par rapport au taux précédent de 2%. Cette mesure, qui prendra effet « à compter du 15 janvier 2026 », devrait libérer des liquidités considérables au sein du système bancaire, renforçant sa capacité à accompagner les acteurs économiques et à financer les besoins des particuliers.
Ces ajustements interviennent dans un contexte économique marqué par « l’amélioration enregistrée dans plusieurs indicateurs macroéconomiques », notamment la décrue progressive de l’inflation. Cette accalmie relative sur le front des prix a offert aux autorités monétaires « une marge de manœuvre plus large » pour recalibrer leurs instruments sans compromettre la stabilité des prix ni les équilibres financiers fondamentaux.
La Banque d’Algérie justifie ce virage accommodant par la nécessité de répondre aux défis de financement auxquels font face les entreprises, particulièrement dans un contexte où l’objectif est d’accélérer le rythme de l’investissement productif et de diversifier l’activité économique. Les données de terrain ont démontré que la phase précédente, marquée par une prudence accrue dans l’octroi de crédit, avait été nécessaire pour consolider la stabilité financière et contenir les pressions inflationnistes. Toutefois, l’amélioration des conditions économiques actuelles permet désormais d’adopter « une approche plus flexible ».
Cette intervention monétaire, qualifiée de « calculée » par les observateurs, vise à accompagner les opérateurs économiques en créant des conditions plus favorables au lancement de nouveaux projets et à l’extension des activités existantes. L’objectif ultime est de renforcer la dynamique de l’investissement productif, de soutenir la création de richesse et de contribuer à la génération d’emplois dans une économie en quête de diversification.
Le renforcement de la liquidité bancaire et l’allègement de certaines contraintes réglementaires devraient se traduire, à moyen terme, par une expansion du volume des crédits destinés à l’investissement et à la consommation, tout en améliorant la capacité des banques à accompagner les transformations économiques en cours.
Sabrina Aziouez

