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Les scandales d’arbitrage se multiplient pour le Maroc depuis le début de la CAN : « Qu’on gagne du temps et qu’on leur donne la coupe ! »

La qualification du Maroc pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 provoque une vague d’indignation sans précédent dans le monde du football africain et au-delà. Pour la deuxième fois consécutive dans cette compétition, les Lions de l’Atlas ont bénéficié d’un arbitrage controversé lors de leur victoire 2-0 face au Cameroun en quarts de finale vendredi. Cette nouvelle polémique fait suite au scandale qui avait déjà entaché leur huitième de finale contre la Tanzanie, remporté sur le score étriqué de 1-0 dans des conditions similaires. Le journaliste de Libération Grégory Schneider, invité sur le plateau de L’Équipe du Soir après la rencontre, n’a pas mâché ses mots pour exprimer son exaspération face à la situation. « Ce qui serait bien c’est qu’on gagne un peu de temps et qu’on leur donne la coupe directement », a-t-il lancé avec un mélange d’ironie et de colère, résumant le sentiment d’une grande partie des observateurs du football africain. Il a poursuivi en déclarant qu’il fallait « arrêter de me prendre pour une bille, en tant que spectateur » et qu' »on arrête d’insulter le foot, et qu’on arrête d’insulter ceux qui jouent au foot ». Le journaliste français a ensuite ajouté une formule qui résume parfaitement la perception générale de cette édition de la CAN en affirmant : « Ce n’est pas la CAN, c’est la Reine des neiges, un Disney. Ils vont la gagner à la fin. C’est une parodie de football ».

Les griefs contre l’arbitrage de cette rencontre dirigée par le Mauritanien Dahane Beida sont nombreux et particulièrement accablants. À la 68e minute de jeu, alors que le Maroc menait déjà 1-0 grâce à une réalisation de Brahim Diaz, l’attaquant camerounais Bryan Mbeumo a été victime d’un crochètage manifeste dans la surface de réparation marocaine de la part du défenseur Masina, mais l’arbitre n’a pas bronché malgré l’évidence de la faute. Plus surprenant encore, l’assistance vidéo à l’arbitrage, censée corriger les erreurs flagrantes, a également ignoré cette action pourtant déterminante pour l’issue du match. Bryan Mbeumo lui-même, interrogé au micro de BeIN Sports après la rencontre, a exprimé son incompréhension face à cette situation en déclarant : « Pendant le match j’ai senti qu’il m’avait touché et après le match, on m’a remontré les images, c’est très très flagrant ». L’attaquant des Lions Indomptables a ensuite lâché une phrase lourde de sens qui en dit long sur l’état d’esprit avec lequel le Cameroun abordait cette rencontre : « On savait à quoi s’attendre ». Cette déclaration suggère que les joueurs camerounais anticipaient déjà des décisions arbitrales défavorables avant même le coup d’envoi du match.

Grégory Schneider a dressé un réquisitoire détaillé des manquements de l’arbitrage durant cette rencontre. « Ce que j’ai vu ce soir est invraisemblable », a-t-il affirmé, avant de détailler plusieurs situations problématiques. « Il y a un Marocain qui met le coude dans la gueule du gars, l’arbitre ne dit rien. À chaque fois qu’il y a un coup franc pour le Cameroun, un Marocain se met devant le ballon, et l’arbitre n’a jamais fait le ménage », a-t-il énuméré, pointant du doigt l’absence totale de gestion disciplinaire de la part de l’arbitre mauritanien. Concernant le penalty non sifflé sur Bryan Mbeumo, le journaliste a livré une analyse particulièrement sévère de l’attitude de l’homme en noir : « Regardez-bien l’attitude de l’arbitre, il est ennuyé parce qu’il sent bien qu’il s’est passé quelque chose, il sent bien qu’il est dans la sauce. Mais il est en service commandé, il ne peut pas se passer autre chose ». Cette dernière expression, « en service commandé », résume l’accusation implicite de partialité qui pèse désormais lourdement sur l’arbitrage de cette CAN 2025.

Désignation des arbitres

La polémique ne se limite pas aux décisions prises sur le terrain, mais englobe également les coulisses de la désignation des arbitres pour ce quart de finale crucial. Selon plusieurs sources concordantes, la Fédération Royale Marocaine de Football avait exercé des pressions pour obtenir le remplacement de l’Égyptien Amin Omar, initialement désigné pour diriger la rencontre, par le Mauritanien Dahane Beida. Dans sa requête officielle, la Fédération marocaine aurait dénoncé des retards dans la désignation des arbitres du match. Le journaliste Anthony Pla a qualifié cette situation de « véritable fiasco » et a évoqué des tensions au sein du « comité des arbitres de la CAF », tensions qui expliqueraient les retards dans la nomination des officiels pour les quarts de finale de la compétition. Face à ce changement de dernière minute jugé irrégulier, la Fédération Camerounaise de Football, la Fecafoot, aurait manifesté son mécontentement et envisagerait de déposer un recours pour contester cette nouvelle désignation des arbitres. Par ailleurs, un autre élément troublant a été relevé par le journaliste d’investigation Romain Molina, qui s’est exclamé « Hallucinant » en découvrant que le Congolais René Daniel Louzaya avait été désigné évaluateur VAR pour la cinquième fois consécutive sur les matchs du Maroc depuis le début de la compétition.

Ces accusations de favoritisme arbitral interviennent dans un contexte particulier pour le football marocain. Les Lions de l’Atlas n’ont plus remporté la Coupe d’Afrique des Nations depuis 1976, soit près de cinquante ans, et évoluent cette année à domicile en tant que pays organisateur de la compétition. Cette combinaison de facteurs alimente les soupçons d’un arrangement en coulisses pour offrir au Maroc son deuxième titre continental sur ses terres. Les polémiques autour du corps arbitral ne cessent de se multiplier alors que la Coupe d’Afrique des Nations 2025 avait pourtant produit jusqu’ici du beau jeu sur le plan sportif pur. Cette succession de scandales menace de gâcher la fête du football africain et jette une ombre sur la crédibilité de l’ensemble de la compétition. Les observateurs se demandent désormais si le Maroc parviendra à remporter ce trophée continental tant convoité dans des conditions sportives acceptables, ou si cette CAN 2025 restera dans les mémoires comme celle des scandales d’arbitrage qui ont favorisé le pays hôte. 

Moncef Dahleb

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