Le président Tebboune reçoit Ségolène Royal : Une visite pour relancer le dialogue
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu mardi en audience la présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal, laquelle effectue une visite de quatre jours à Alger visant à contribuer à la relance du dialogue bilatéral. Cette rencontre, qui s’est déroulée en tête-à-tête avant d’être élargie à plusieurs responsables algériens, intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Alger.
L’audience accordée par le chef de l’État à l’ancienne ministre française et ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007 s’est déroulée en présence de Boualem Boualem, directeur de Cabinet de la Présidence de la République, de Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts, et d’Amar Abba, conseiller auprès du président de la République chargé des affaires diplomatiques.
Arrivée lundi soir à Alger, Ségolène Royal effectue ce déplacement en réponse à la double invitation de la chambre algérienne de commerce et d’industrie et de la chambre de commerce et d’industrie algéro-française. Élue le 18 décembre dernier à la présidence de l’Association France-Algérie, structure fondée en 1963 pour promouvoir le dialogue et l’amitié entre les peuples français et algérien, elle a présenté ses premières propositions avant d’entreprendre ce déplacement dans ses nouvelles fonctions. Le programme de la visite prévoit plusieurs rencontres avec des responsables algériens dans les secteurs gouvernementaux et les instances économiques. L’objectif affiché est de favoriser le dialogue et la coopération sur des projets d’investissement et d’échanges commerciaux, tout en consolidant les liens politiques entre les deux pays. Les discussions devraient porter sur l’amélioration du climat des affaires, le soutien aux initiatives de développement durable et la création d’opportunités pour les entreprises françaises et algériennes, notamment dans l’énergie, l’agroalimentaire, la technologie et les infrastructures.
Cette mission intervient alors que les relations franco-algériennes traversent une période difficile depuis l’été 2024. Dans une déclaration au quotidien français Le Monde, Ségolène Royal a fait le constat que la crise est profonde et que certains crimes de la colonisation, certaines blessures, n’ont pas été nommés, ni réparés, ni excusés, et qu’ils doivent l’être par la France comme l’ont fait d’autres pays. Elle affirme que l’Association France-Algérie l’a sollicitée en raison de sa liberté de parole et de la solidité de ses convictions. La visite survient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu. Samedi dernier, le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger a été convoqué au ministère des Affaires étrangères après la diffusion jeudi sur France 2 d’un numéro de l’émission Complément d’enquête consacré à la crise franco-algérienne, épisode qui a relancé les tensions après un début de dégel en raison d’affirmations diffamantes et offensantes envers l’Algérie. Malgré ce climat difficile, Ségolène Royal s’est déclarée déterminée à construire du positif. Sur son compte X, elle a écrit dimanche que « nous devons la réconciliation aux jeunes des deux rives de la Méditerranée, entre la France et l’Algérie, le plus vaste pays du continent africain, afin de construire des projets fructueux dans les secteurs productifs porteurs d’avenir ». L’approche de Ségolène Royal, qui succède à Arnaud Montebourg à la tête de l’Association France-Algérie, se veut pragmatique et tournée vers l’avenir, tout en reconnaissant la nécessité d’un travail de mémoire. Cette visite témoigne ainsi de la volonté des deux parties d’explorer de nouvelles voies pour stimuler l’investissement et l’innovation, malgré les obstacles diplomatiques persistants.
Hocine Fadheli

