Les entreprises indiennes affichent un intérêt croissant pour l’Algérie
Les entreprises indiennes multiplient les signaux d’un intérêt croissant pour le marché algérien, considéré comme une porte d’entrée privilégiée vers les marchés européen et africain. Réunis dimanche à Alger lors d’un forum d’affaires organisé par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), opérateurs économiques algériens et indiens ont exploré les opportunités de partenariats dans des secteurs stratégiques allant de la pharmacie à l’automobile, confirmant la dynamique ascendante des relations bilatérales entre les deux pays. Cette deuxième mission d’affaires indienne en l’espace d’un mois témoigne d’un momentum économique inédit. L’ambassadrice de l’Inde en Algérie, Swati Vijay Kulkarni, a souligné que cette séquence intervient après « l’accueil récent d’une importante délégation du secteur pharmaceutique », tout en mettant en avant « la diversité des secteurs représentés, notamment l’automobile, le textile, l’agroalimentaire, la chimie et l’ingénierie ». Cette multiplication des contacts illustre la volonté indienne de diversifier sa présence au-delà des relations commerciales traditionnelles. La diplomate a explicité la vision stratégique qui sous-tend cet engouement indien pour l’Algérie. Selon elle, les investisseurs de son pays manifestent un « intérêt croissant » pour l’Algérie, considérée comme « un portail stratégique vers les marchés européen et africain ». Cette position de hub continental constitue l’atout maître de l’Algérie dans sa stratégie d’attraction des capitaux indiens, qui cherchent à s’implanter sur des marchés à fort potentiel de croissance tout en bénéficiant d’une proximité géographique avec l’Europe.
Le président de la Fédération des organisations indiennes d’exportation (FIEO), Manish Sharma, a confirmé cette approche géostratégique en affirmant que le marché algérien constitue un « point d’accès stratégique » pour les investisseurs indiens souhaitant développer leur présence en Afrique. Il a également mis en avant la compétitivité de l’offre indienne, soulignant que les entreprises de son pays sont en mesure de « fournir des produits de haute qualité, conformes aux normes internationales, à des prix compétitifs ». Cet argument de la compétitivité prix-qualité pourrait séduire les opérateurs algériens confrontés à la cherté des technologies occidentales.
Du côté algérien, les autorités affichent leur volonté de capitaliser sur cet intérêt pour accélérer la diversification économique. Le président de la CACI, Tayeb Chebab, a souligné qu' »il est possible de hisser le niveau des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Inde à la hauteur du potentiel existant, notamment grâce à un climat des affaires attractif en Algérie, à des procédures administratives simplifiées, à l’évolution du cadre juridique, ainsi qu’au soutien à l’exportation vers l’Afrique et les pays arabes, avec lesquels l’Algérie dispose d’accords commerciaux ». Tayeb Chebab a également appelé les investisseurs indiens à « contribuer aux efforts de diversification de l’économie nationale, à travers le transfert de technologies et le développement du savoir-faire ».
L’industrie pharmaceutique occupe une place centrale, « considérée comme stratégique au regard de ses capacités industrielles et des perspectives de développement sur le marché régional ». L’Inde, géant mondial de la pharmacie générique, pourrait apporter son expertise dans la production de principes actifs et de médicaments à des coûts maîtrisés. Les secteurs de l’industrie mécanique, de l’agriculture, des technologies et des équipements industriels figurent également parmi les domaines à fort potentiel explorés lors de cette rencontre.
La directrice de la promotion et du soutien aux échanges économiques au ministère des Affaires étrangères, Sihem Nafaa, a mis en exergue la « solidité des relations bilatérales », soulignant que « la position stratégique de l’Algérie, la qualité de ses infrastructures et son cadre juridique constituent des facteurs favorables à la création de valeur ajoutée et au développement de collaborations mutuellement bénéfiques ». L’ambassadrice Swati Vijay Kulkarni a rappelé que cette dynamique s’appuie sur des fondations politiques solides, renforcées par la visite « historique » de la présidente de l’Inde, Droupadi Murmu, en Algérie en octobre 2024, suivie de l’organisation du premier Forum d’affaires indo-algérien. Elle s’est dite confiante quant à « l’émergence de nouveaux partenariats mutuellement bénéfiques », appelant les opérateurs des deux pays à intensifier leur coopération.
Amar Malki

