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Mesures sionistes en Cisjordanie occupée : L’ONU dénonce une violation du droit international

Les Nations unies ont lancé un avertissement solennel contre les nouvelles décisions israéliennes en Cisjordanie occupée, les « plus graves depuis 1967 » et susceptibles d’accélérer l’annexion du territoire palestinien tout en compromettant définitivement la solution à deux États.

L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk ont dénoncé des mesures qui « sapent l’avenir des Palestiniens » et violent leur droit à l’autodétermination, dans un contexte régional déjà explosif marqué par la poursuite de l’agression sur Ghaza. L’UNRWA a averti mercredi que les récentes décisions israéliennes « préparent une accélération de l’expansion des colonies en Cisjordanie, renforçant le contrôle et approfondissant le désespoir et la violence, tout en établissant des précédents dangereux ayant des répercussions mondiales sur les plans humanitaire et juridique ». Ces mesures, annoncées ce week-end par l’occupation sioniste, visent à remodeler en profondeur la gestion des terres palestiniennes, facilitant la démolition et la confiscation de maisons et de terrains pour accélérer les projets d’annexion et d’expansion coloniale dans la région.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé à une action arabe et internationale « urgente et efficace » pour stopper cette politique d’annexion. Lors d’une rencontre mardi à Oslo avec les ambassadeurs arabes accrédités en Norvège, M. Abbas a qualifié ces décisions de « nulles et non avenues sur le plan légal » et de « violation flagrante du droit international ainsi que des résolutions de légitimité internationale pertinentes, notamment celles du Conseil de sécurité onusien qui rejettent la colonisation ». Le président palestinien a mis en garde contre « une mise en œuvre pratique et progressive des plans d’annexion, de déplacement forcé et d’expansion des colonies », soulignant que ces politiques « sapent de manière systématique les fondements du processus politique et détruisent les chances de parvenir à une solution à deux États ». Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a abondé dans ce sens en déclarant mercredi que « c’est un nouveau pas des autorités (d’occupation, NDLR) pour rendre impossible un État palestinien viable, en violation du droit du peuple palestinien à l’autodétermination ». M. Türk a averti que si ces décisions sont mises en œuvre, « elles accéléreront sans aucun doute la dépossession des Palestiniens et leur transfert forcé, et entraîneront la création de nouvelles colonies illégales ». Selon le responsable onusien, ces mesures faciliteront les achats de terres par les colons, renforceront le contrôle israélien dans des zones actuellement administrées par l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, et permettront à l’entité sioniste d’administrer deux importants sites religieux du sud de la Cisjordanie. « Cela va priver encore plus les Palestiniens de leurs ressources naturelles et restreindre le bénéfice de leurs autres droits », a-t-il ajouté, avertissant que ces décisions vont « cimenter le contrôle en consolidant des annexions illégales ».

Cette escalade en Cisjordanie intervient alors que la situation humanitaire demeure catastrophique dans la bande de Ghaza, où l’agression génocidaire sioniste se poursuit malgré le cessez-le-feu fragile. Le nouveau bilan publié mercredi par les autorités sanitaires palestiniennes fait état de 72 045 martyrs et 171 686 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023. Au cours des dernières 24 heures, 8 martyrs et 20 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de l’enclave, tandis que de nombreuses victimes demeurent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 591 Palestiniens sont tombés en martyrs, 1 578 autres ont été blessés et 720 corps de martyrs ont été récupérés.

Ciblage systématique des civils et des journalistes

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a mis en garde contre « les risques graves auxquels les civils de la bande de Ghaza continuent d’être exposés en raison des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie et navals, ainsi que des tirs menés par les forces de l’occupation », aggravant ainsi leurs souffrances persistantes depuis plus de 2 ans. Le bureau onusien a rappelé que « les civils sont protégés par le droit international humanitaire où qu’ils se trouvent, et qu’un maximum de précautions doit être pris lors des opérations militaires afin d’assurer leur protection ainsi que celle des infrastructures civiles ». L’UNRWA a annoncé la réouverture du centre de santé d’Al-Bureij à Deir al-Balah, reprenant les services de soins de santé primaires, de santé maternelle, d’analyses de laboratoire et de soins dentaires après plusieurs mois de fermeture. Toutefois, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que des milliers de patients restent privés de traitement, certaines prestations essentielles demeurant indisponibles dans l’enclave ravagée.

Le président Abbas a évoqué lors de sa rencontre à Oslo « l’évolution de la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Ghaza, dans le contexte de la poursuite de l’agression, du blocus, de la famine, et de la souffrance sans précédent du peuple palestinien ». Il a insisté sur la nécessité d’« accélérer l’acheminement de l’aide humanitaire sans obstacles, de mettre fin complètement à l’agression, d’empêcher tout plan de déplacement forcé, de stopper le terrorisme des colons en Cisjordanie y compris El-Qods occupée, de libérer immédiatement les fonds palestiniens retenus et de mettre fin aux mesures de l’occupation visant à saper les institutions de l’État palestinien ».

Par ailleurs, le Comité des libertés relevant du Syndicat des journalistes palestiniens a documenté une grave escalade des violations contre les professionnels des médias durant le mois de janvier. 3 journalistes sont tombés en martyrs dans la bande de Gaza alors qu’ils exerçaient leur travail, 6 cas de tirs directs ont été recensés, ainsi que 8 cas de menaces par armes à feu. Le mois écoulé a également été marqué par 7 arrestations de journalistes, 42 cas de détention et d’empêchement d’exercer le travail journalistique, 21 lancements de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes, 3 agressions physiques directes et 7 cas de confiscation et de destruction de matériel professionnel. Le président du Comité des libertés, Mohammad Al-Laham, a affirmé que « les crimes de l’occupation contre les journalistes traduisent une escalade grave et systématique des violations visant les journalistes palestiniens, que ce soit par le ciblage direct, la répression sur le terrain ou les restrictions juridiques et administratives ».

Lyes Saïdi

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