5e anniversaire des manifestations pour la libération des prisonniers politiques sahraouis au Maroc : Appel à la mobilisation en Espagne
Un appel à la mobilisation lundi prochain à Madrid, pour marquer le cinquième anniversaire des manifestations hebdomadaires devant le ministère espagnol des Affaires étrangères réclamant la libération des prisonniers politiques sahraouis au Maroc, a été lancé par le mouvement organisateur, exhortant les Espagnols à se joindre à lui pour cet anniversaire symbolique.
Depuis cinq ans, un mouvement espagnol de soutien aux prisonniers politiques sahraouis continue à manifester chaque lundi devant le siège du ministère espagnol des Affaires étrangères pour exiger de l’Espagne, puissance administrante du Sahara occidental, la libération de ces prisonniers des geôles marocaines.
« Lundi prochain, le 2 mars, marquera le cinquième anniversaire des manifestations hebdomadaires devant le ministère des Affaires étrangères, sur la Plaza de la Provincia, pour dénoncer la situation des prisonniers politiques sahraouis incarcérés au Maroc et exiger que le gouvernement espagnol assume sa responsabilité politique et juridique face à cette violation continue des droits fondamentaux », est-il écrit dans l’appel lancé par ce mouvement.
Cette mobilisation vise à « rendre visible la situation des prisonniers politiques sahraouis », mais aussi « une façon de défendre le droit du peuple sahraoui à vivre en liberté et dans le respect de ses droits fondamentaux », a précisé ce mouvement.
Depuis cinq ans, le mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines fait preuve d’une constance exemplaire : chaque semaine, il rappelle à l’opinion publique que des dizaines de Sahraouis demeurent incarcérés à la suite de procès dénoncés par les organisations internationales de défense des droits humains, et marqués par des allégations répétées de torture, d’isolement et de violation des droits de la défense. D’ailleurs, la persévérance du mouvement à défendre les droits des prisonniers sahraouis a été saluée par les prisonniers eux-mêmes et par leurs proches dans une lettre d’Ahmed Sbai, militant des droits de l’homme et président d’honneur de la Ligue pour la protection des détenus sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS), qui purge une peine à perpétuité à la prison de Kenitra. Dans cette lettre, Ahmed Sbai a salué la détermination et le soutien du mouvement pour l’action qu’il mène afin de dénoncer la complicité du gouvernement espagnol avec l’occupant marocain, affirmant que cette action « humanitaire et noble jette la lumière sur la souffrance des prisonniers ».
Ce militant révèle, dans sa lettre, que les prisonniers sahraouis font face à « l’injustice, l’oppression et la violation » de leur droit à un procès équitable, dénonçant les pratiques de l’occupant marocain visant à « condamner les Sahraouis à des peines de détention dures et longues ».
Le cas des prisonniers du groupe de Gdeim Izik, entre autres, a été pointé du doigt par les observateurs internationaux en raison d’irrégularités de l’utilisation d’aveux obtenus sous la torture et des procès dénoncés pour leurs irrégularités et leur manque de garanties.
« Rien de concret n’a changé. Les peines restent appliquées et les souffrances des prisonniers et de leurs familles persistent », déplore ce mouvement de solidarité.
Pour ce mouvement, l’affaire des prisonniers politiques sahraouis « n’est pas une affaire marocaine interne », mais il s’agit d' »une question de droits humains universels et d’un conflit de décolonisation non résolu ».
APS

