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A la veille de nouveaux pourparlers sur le nucléaire : L’Iran dénonce des accusations américaines mensongères

Téhéran a rejeté mercredi les accusations portées par Washington concernant ses programmes nucléaire et balistique, qualifiant de « gros mensonges » les déclarations du président américain Donald Trump, à la veille d’une troisième session de négociations prévue jeudi à Genève sous médiation omanaise. Malgré les tensions verbales, les deux parties affirment privilégier la voie diplomatique pour résoudre le différend qui les oppose depuis des années. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a vigoureusement contesté les propos tenus par le président américain lors de son discours de politique générale devant le Congrès. « Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Cette réaction intervient après que Donald Trump a affirmé que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et travaillait à concevoir des missiles « qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis », tout en évoquant la poursuite de « sinistres ambitions nucléaires » de Téhéran.

Malgré ces échanges accusatoires, les deux parties maintiennent leur engagement envers le processus diplomatique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mardi qu’un accord était « à portée de main » avant la session de jeudi à Genève. « L’Iran reprendra ces pourparlers déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dans les plus brefs délais », a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux, évoquant une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte nos préoccupations et nos intérêts mutuels ». Le chef de la diplomatie iranienne a toutefois posé une condition claire: « Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée ».

Le président iranien Massoud Pezeshkian a également exprimé mercredi un certain optimisme quant à l’issue des négociations. « Nous observons une perspective favorable », a-t-il déclaré selon la télévision d’État iranienne. Le dirigeant a précisé que son pays poursuivait « le processus sous l’égide du Guide suprême, de manière à sortir de cette situation ni guerre ni paix », référence à l’état de tensions persistantes entre Téhéran et Washington depuis plusieurs années.

Ces pourparlers à Genève constitueront la troisième série de négociations entre les deux pays après la reprise du dialogue le 6 février dernier à Oman. Les discussions avaient été brutalement interrompues en juin 2025 suite aux attaques israéliennes de douze jours contre l’Iran, qui avaient gelé tout processus diplomatique. Le contexte régional demeure tendu, les États-Unis ayant déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe et multiplié les menaces d’action militaire en cas d’échec de la diplomatie.

La question du programme nucléaire iranien constitue le cœur des discussions bilatérales. Téhéran maintient que ses activités nucléaires sont exclusivement destinées à des fins civiles, tandis que Washington et ses alliés occidentaux expriment des préoccupations quant à d’éventuelles applications militaires. Les négociations de jeudi à Genève seront déterminantes pour établir si les deux parties peuvent dépasser leurs différends et parvenir à un compromis acceptable.

Lyes S.

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