Boussaâda : Le festival de l’Inchad s’ouvre sous le signe l’authenticité
La douzième édition du festival culturel local de l’Inchad a ouvert ses portes mardi soir à Boussaâda (M’sila), réunissant dix mounchidine venus de six wilayas du pays, dans une atmosphère empreinte de spiritualité et de ferveur patriotique, sous le slogan « les valeurs de l’Inchad cultivent l’âme de la gloire ». La salle des fêtes de Boussaâda a accueilli une soirée inaugurale rythmée par les performances du mounchid Bendahbia Belaâlia, originaire de Mostaganem, et de la troupe Al-Nada de Tizi Ouzou. Les deux formations ont livré un répertoire mêlant chants patriotiques et Madih religieux, transportant le public dans une communion spirituelle et artistique. L’affluence remarquable du public témoigne de l’attachement profond de la région à cet art millénaire qui allie dévotion religieuse et esthétique musicale. Pour cette édition, les participants s’affronteront dans une compétition artistique visant à décerner le titre prestigieux de « Mouchid de Boussaâda ». « Cette édition réunit dix mounchidine venus de six wilayas, en lice pour le titre », a précisé Mohamed Bouhali, commissaire du festival, dans une déclaration aux médias. Cette compétition s’inscrit dans une dynamique de valorisation et de transmission de cet héritage immatériel qui constitue l’une des expressions les plus authentiques de l’identité culturelle algérienne.
Le choix de Boussaâda comme lieu d’accueil de cette manifestation culturelle n’est pas anodin. Mourad Benaïssa, directeur de la culture et des arts de la wilaya de M’sila, a souligné l’ancrage historique de cette pratique artistique dans la région. « Le fait que ce soit Boussaâda qui accueille ce festival prouve l’enracinement de ce style artistique authentique dans la région », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « le succès des éditions précédentes a contribué à l’important afflux d’artistes et de mounchidine à cet événement qui bénéficie, comme toutes les activités culturelles porteuses de messages religieux et sociaux significatifs, du soutien du ministère de tutelle ». L’engouement populaire pour cette douzième édition confirme la vitalité de l’Inchad dans le paysage culturel algérien. Saïd Benamer, président de l’Assemblée populaire communale de Boussaâda, s’est félicité de « l’affluence du public lors de la soirée d’ouverture », y voyant la preuve de « l’amour pour l’art de l’Inchad et la place particulière de ce style de chant religieux en Algérie et, en particulier, dans la région de Boussaâda ». Cette mobilisation traduit l’attachement des populations locales à ce patrimoine immatériel qui transcende les générations. La cérémonie d’ouverture a également constitué un moment de reconnaissance et de mémoire. Les familles des défunts artistes Sofiane Zikem et Abdelkader Houari ont été honorées pour leur contribution à l’art de l’Inchad, perpétuant ainsi le souvenir de figures emblématiques qui ont marqué l’histoire de ce genre musical dans la région. Plusieurs anciens mounchidine de Boussaâda ont également été distingués, consacrant une vie dédiée à la préservation et à la transmission de cet art sacré. Le festival, placé sous la supervision du wali délégué de Boussaâda, Amrani Attal, et des autorités locales, se poursuivra jusqu’à jeudi, offrant au public l’opportunité de découvrir ou de redécouvrir les multiples facettes de l’Inchad, cet art qui continue de nourrir l’âme collective et de tisser des liens entre tradition et modernité.
Mohand S.

