Palestine occupée : Les plans expansionnistes sionistes menacent la stabilité régionale
La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a averti mardi que tout projet expansionniste de l’occupation sioniste « affectera directement » la sécurité et la stabilité des pays voisins, lors d’une conférence organisée à Amman par l’Arab Renaissance for Democracy and Development.
Albanese a souligné que ces politiques coloniales « menacent non seulement les Palestiniens, mais constituent également un danger régional plus large pour la stabilité des pays voisins en raison de leurs répercussions directes sur l’équilibre régional et la sécurité nationale ». La responsable onusienne a dénoncé l’approche internationale actuelle de la question palestinienne, affirmant qu’ignorer les droits des Palestiniens représente « une grave erreur juridique qui revient à enterrer leur droit à l’autodétermination ». Elle a ajouté que « le fait de négliger les droits fondamentaux d’un peuple sous occupation menace la crédibilité des institutions internationales et compromet le système multilatéral qui a été établi pour prévenir le déclenchement de conflits majeurs ». La rapporteuse a également critiqué les solutions temporaires proposées aux Palestiniens, notant qu’elles « se transforment souvent en une réalité permanente, perpétuant un état de privation continue et rendant la fin de l’occupation et l’obtention de l’autodétermination de plus en plus difficiles au fil du temps ». Albanese a évoqué les sanctions qui lui ont été imposées, les qualifiant de « mesures exceptionnelles généralement prises contre des personnes considérées comme des menaces majeures », précisant que la véritable raison était ses rapports documentant ce qu’elle a décrit comme « le passage d’une économie d’occupation à une économie d’extermination ».
Sur le terrain, la situation humanitaire demeure catastrophique. Le ministère de la Santé palestinien a révélé mercredi que près de 1.400 Palestiniens de Ghaza sont décédés en attendant une évacuation sanitaire depuis la fermeture du passage de Rafah par l’occupation sioniste le 7 mai 2024. Zaher al-Wahidi, porte-parole du ministère, a déploré que la réouverture partielle du passage début février n’ait permis le passage qu’à « une infime partie des patients nécessitant une évacuation ». Un enfant palestinien est mort dimanche dernier alors que sa famille disposait de tous les documents médicaux nécessaires pour obtenir un traitement à l’étranger, l’autorisation sioniste se faisant attendre depuis plus de 14 mois. L’Organisation mondiale de la Santé a indiqué en janvier que 18.500 patients, dont plus de 4.000 enfants, avaient toujours besoin d’être pris en charge hors de Ghaza. Le bilan humain s’alourdit également parmi les journalistes. Le Comité pour la protection des journalistes a révélé que 129 journalistes et employés de presse ont été tués dans le monde en 2025, l’entité sioniste étant responsable des deux tiers de ces décès. L’ONG américaine note que « l’armée sioniste a désormais commis davantage d’assassinats ciblés de membres de la presse que n’importe quelle autre armée gouvernementale à ce jour, l’écrasante majorité des personnes tuées étant des journalistes et travailleurs des médias palestiniens à Ghaza », avec 86 journalistes tués dans l’enclave assiégée.
En Cisjordanie occupée, la colonisation s’intensifie. Les forces d’occupation ont arrêté mercredi cinq Palestiniens, dont trois enfants de 14 ans, dans le gouvernorat de Ramallah. Ces arrestations s’inscrivent dans une stratégie plus large d’annexion que près de 20 pays ont condamnée lundi « avec la plus grande fermeté », dénonçant « une stratégie manifeste visant à modifier la situation sur le terrain ». Le mouvement Hamas a salué cette déclaration tout en appelant à imposer « des sanctions dissuasives » contre l’occupation. La Ligue arabe a également condamné l’incendie par des colons de la mosquée Abou Bakr al-Siddiq près de Naplouse, qualifiant l’acte « d’attaque grave visant des lieux du culte et de violation flagrante du droit international humanitaire ».
Lyes Saïdi

