Sous un étau de restrictions militaires : L’occupation sioniste étouffe la Cisjordanie
Les forces d’occupation sionistes ont intensifié samedi leurs mesures de bouclage et de répression dans l’ensemble des gouvernorats de Cisjordanie occupée, accentuant l’étau sécuritaire autour des populations palestiniennes et entravant gravement leur liberté de circulation.
Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, citant des sources locales, l’occupant a multiplié les barrages militaires et renforcé son dispositif répressif aux entrées et sorties des principales villes, transformant la vie quotidienne des Palestiniens en véritable parcours du combattant. Dans les gouvernorats de Ramallah et d’Al-Bireh, les forces coloniales ont érigé de nombreux checkpoints entravant la circulation des citoyens dans les deux sens. Les localités d’Ein Siniya, Attara, Aboud, Yabrud, Salfit, l’entrée de Rawabi, Beit Our et l’entrée nord de la ville d’Al-Bireh ont été particulièrement visées par ce dispositif d’asphyxie, empêchant les habitants d’entrer ou de sortir librement de leurs villes. Cette stratégie de fragmentation territoriale vise à isoler les communautés palestiniennes les unes des autres et à rendre leur quotidien insupportable. À Beit Lehm, l’occupation a franchi un nouveau cap dans sa politique d’étranglement en fermant l’entrée sud de la ville, connue sous le nom d’Al-Nashash, au moyen d’une porte métallique. Cette fermeture provoque des perturbations majeures dans la circulation des citoyens et accentue considérablement les restrictions à leur encontre. Cette entrée stratégique constitue un axe vital puisqu’elle relie les villes de Beit Lehm et d’Al-Khalil, ainsi que Beit Lehm à sa périphérie sud, artère essentielle pour l’économie et la vie sociale de la région.
Selon un rapport publié par la Commission de résistance au mur et à la colonisation, le nombre de barrages militaires et de portes installés dans les territoires palestiniens dépasse désormais les 916 points de contrôle. Fait particulièrement révélateur de l’escalade répressive, 243 de ces obstacles ont été érigés après le 7 octobre 2023, date du début de l’agression génocidaire contre Ghaza, illustrant la volonté de l’occupant d’étendre sa politique de répression à l’ensemble de la Palestine historique.
Par ailleurs, les forces coloniales ont pris d’assaut à l’aube de samedi la ville de Qalqilya. Des sources locales ont rapporté que l’occupant a investi la ville depuis son entrée orientale avec plusieurs véhicules militaires, parcourant les rues, y compris le marché et la rue de Naplouse dans le centre-ville, avant de se retirer sans procéder à des arrestations. Ces incursions visent à maintenir un climat de terreur permanente au sein de la population.
Dans la localité de Taybeh, à l’est de Ramallah, des colons ont mené une attaque contre les habitants, s’emparant d’un cheval appartenant à un résident. Les forces d’occupation sont ensuite intervenues non pas pour arrêter les agresseurs, mais pour leur fournir une protection, illustrant une nouvelle fois la collusion entre l’armée coloniale et les hordes de colons terroristes qui multiplient les agressions contre les Palestiniens en toute impunité.
Les villes, localités et camps de réfugiés de Cisjordanie et d’Al-Qods occupée sont quotidiennement le théâtre de campagnes de perquisitions et d’incursions menées par les forces sionistes, accompagnées d’affrontements, d’arrestations massives et de tirs ainsi que de grenades lacrymogènes contre les citoyens palestiniens. Cette répression systématique s’inscrit dans une stratégie globale visant à briser la résistance du peuple palestinien et à faciliter l’expansion coloniale.
Pendant ce temps, l’agression génocidaire contre la bande de Ghaza se poursuit avec son lot de destructions et de massacres. Le bilan communiqué samedi par les autorités sanitaires palestiniennes fait état de 72.095 martyrs et 171.784 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le sept octobre 2023. Au cours des dernières 24 heures, les corps de neuf martyrs ainsi que 19 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, tandis que de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 628 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.686 autres ont été blessés, tandis que les corps de 735 martyrs ont été récupérés, témoignant de la poursuite des violations israéliennes malgré la trêve officiellement déclarée.
Lyes Saïdi
Des journalistes à travers le monde appellent à lever l’interdiction d’entrée à Ghaza
Une campagne appelant à lever l’interdiction d’entrer à Ghaza, ravagée par plus de deux ans d’agression sioniste génocidaire, est lancée par des journalistes du monde entier qui, dans une vidéo virale, répètent en chœur le mot d’ordre simple de leur campagne: « let us in » (laissez-nous entrer). Face à la caméra, représentant des chaînes internationalement connues, dont CNN, CBS, Sky News, ou encore la BCC, ces journalistes déclament chacun le même texte, appelant à annuler l’interdiction faite aux journalistes de pénétrer dans la bande de Ghaza. « Nous sommes bloqués, interdits, refusés, restreints depuis plus de deux ans. (L’entité sioniste) refuse d’autoriser les journalistes à entrer à Ghaza pour rendre compte de manière indépendante, afin de montrer au monde entier la réalité » de la situation dans ce territoire sous tous les angles. « Il est grand temps qu'(elle) lève cette interdiction et nous laisse entrer », réclament-ils. Cette vidéo accompagne une pétition, déjà signée par plus d’une centaine de journalistes, exigeant au nom du droit à l’information la levée de toutes les restrictions concernant l’entrée dans la bande de Ghaza. « Nos collègues palestiniens à Ghaza font des reportages depuis plus de deux ans dans des conditions impossibles, mais ils ne devraient pas avoir à supporter seuls ce fardeau », souligne le texte. « Plus de 200 journalistes palestiniens ont été tués à Ghaza. Beaucoup d’autres ont été déplacés. Certains ont été détenus. Nous avons besoin de plus de journalistes à Ghaza », ajoute-t-il.

