Disparition d’Anisse Djaâd : le cinéma algérien en deuil
Le cinéma algérien est en deuil. Anisse Djaâd, scénariste et réalisateur, s’est éteint mercredi soir à l’âge de 52 ans, emporté par une longue maladie. Né en 1974 à Alger, il avait grandi dans le quartier populaire de Bab El Oued, où il puisa sans doute l’essentiel de sa sensibilité aux êtres et aux histoires ordinaires. Ses premiers pas dans le septième art, il les fit comme scénariste, puis comme assistant réalisateur, avant de franchir le cap de la mise en scène avec des courts métrages dont il signait lui-même les textes.
Homme de plume autant qu’homme d’image, il avait également publié plusieurs romans, dont L’Odeur du violon en 2009. Ses courts métrages — Au bout du tunnel, Les Assoiffés et El Hiblo (La Lucarne) — lui valurent une première reconnaissance, ce dernier film remportant le prix du meilleur scénario court lors des Journées cinématographiques d’Alger.
Il s’imposa ensuite dans le long métrage avec Passage Anifou, Le Voyage de Kalthoum (2016), La Vie d’après (2021) et La Nuit d’Abed (2023). C’est La Vie d’après qui consacra pleinement son talent, en décrochant le Prix de la critique africaine lors de la 33ᵉ édition des Journées cinématographiques de Carthage à Tunis, ainsi que le Prix du public — le « Khalkhal d’or » — au Festival national de littérature et de cinéma de la femme à Saïda. Une œuvre sobre et exigeante, au diapason d’une vie trop brève.
R.C.

