Économie

Alors qu’elle couvre 75 % des besoins alimentaires du pays : L’agriculture algérienne face à des défis persistants

L’agriculture algérienne couvre désormais environ 75 % du panier alimentaire des Algériens. C’est ce qu’a révélé le professeur Brahim Mouhouche, membre du Conseil national de la recherche scientifique et technologique et expert en économie et gestion des ressources hydriques, lors d’un entretien avec le service multimédia de la Radio algérienne, appelant à faire de la modernisation technologique du secteur un levier incontournable pour atteindre la souveraineté alimentaire. Pour Mouhouche, cette performance, aussi encourageante soit-elle, ne saurait occulter les défis structurels qui freinent encore le plein développement du secteur agricole. À ses yeux, la mécanisation n’est plus une option mais une nécessité absolue. « L’agriculture intelligente est intimement liée à l’utilisation des machines et des technologies modernes », a-t-il affirmé, soulignant que la numérisation constitue par ailleurs « un outil efficace et souple pour améliorer les opérations de recensement et assurer le suivi de la qualité de la production agricole ». Autant d’instruments qui, combinés, permettraient d’augmenter les rendements aussi bien en quantité qu’en qualité, et d’éviter ainsi toute forme de dépendance alimentaire. Parmi les obstacles majeurs que l’expert a tenu à mettre en lumière figure la question cruciale de la rareté de l’eau. Face à ce défi, Mouhouche plaide pour une mobilisation exhaustive de toutes les ressources hydriques disponibles, qu’elles soient superficielles ou souterraines. Il attire notamment l’attention sur le potentiel considérable que représente la réutilisation des eaux usées, estimées à environ un milliard et 500 millions de mètres cubes par an. « Ce volume permettrait d’irriguer près de 800 000 hectares, soit l’équivalent de 40 % de la surface agricole », a-t-il précisé, soulignant que cette ressource demeure largement sous-exploitée.

L’expert s’est également attardé sur le rôle croissant que joue le dessalement de l’eau de mer dans la préservation des ressources hydriques destinées à l’agriculture. Il a rappelé que cette filière couvre actuellement « environ 47 % de l’eau potable en Algérie », avec une projection à « 67 % à l’horizon 2030 », ce qui placerait le pays parmi les premières nations mondiales dans ce domaine. Ce développement, a-t-il expliqué, contribuera mécaniquement à réduire la pression exercée sur les ressources en eau affectées aux activités agricoles, libérant ainsi des capacités supplémentaires pour l’irrigation.

Mouhouche a enfin évoqué un atout stratégique souvent méconnu : le Sud algérien abrite l’une des plus grandes réserves d’eau souterraine au monde, estimée à quelque « 50 000 milliards de mètres cubes ». Une ressource colossale dont l’exploitation raisonnée sur le long terme pourrait, selon lui, constituer un pilier fondamental du développement agricole et hydrique du pays, ouvrant des perspectives considérables pour l’extension des surfaces cultivées et la sécurisation durable de l’approvisionnement alimentaire national.

Sabrina A.

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