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Hydrocarbures : Libérer le potentiel inexploité

L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) et l’Association européenne des géoscientifiques et ingénieurs (EAGE) organisent du 11 au 13 mai prochain à Alger une rencontre internationale déclinée en deux ateliers techniques consacrés à l’exploration du potentiel en hydrocarbures offshore et à l’amélioration de la récupération dans les gisements matures, a annoncé Alnaft. L’événement, qui réunira experts et professionnels du secteur énergétique venus d’Algérie et de l’étranger, s’inscrit dans une dynamique d’ouverture et de relance sans précédent du secteur pétrolier et gazier algérien.

Selon le communiqué publié par l’agence sur son site web, « ces deux workshops techniques vont réunir des experts et des professionnels du secteur énergétique autour de ces deux thématiques stratégiques ». Le premier atelier « portera sur le thème de l’exploitation du potentiel en hydrocarbures du bassin frontalier algérien en Méditerranée occidentale » et « sera consacré à l’exploration en zones profondes et ultra-profondes de l’offshore algérien, avec un focus sur l’évaluation du potentiel géologique des zones offshore encore peu explorées, les innovations dans l’acquisition et l’interprétation des données géophysiques, ainsi que les nouvelles perspectives d’investissement et de coopération dans l’exploration offshore ». Il s’agit d’une thématique à fort enjeu stratégique pour l’Algérie, dont les ressources onshore, exploitées depuis des décennies, appellent désormais un élargissement vers de nouvelles frontières géologiques. Le second atelier « abordera les solutions innovantes pour améliorer la récupération dans les gisements matures et les réservoirs compacts (tight reservoirs), notamment les méthodes avancées d’optimisation de la récupération, la gestion des réservoirs hétérogènes et fracturés, l’exploitation du potentiel des sables compacts (tight sands) cambro-ordoviciens et des carbonates cénomaniens-turoniens et liasiques », précise Alnaft. Maximiser la production des champs existants constitue un levier majeur pour soutenir les volumes d’hydrocarbures sans multiplier les coûts d’exploration. Il s’agit aussi de se pencher de se pencher sur les possibilités d’exploitations des hydrocarbures non conventionnels , notamment ceux des réservoirs  compacts. L’agence a souligné que cet événement constituera « une plateforme d’échange entre experts locaux et internationaux, favorisant le partage d’expertise, l’innovation et la coopération dans le développement du secteur énergétique en Algérie ».

Cette rencontre intervient dans un contexte de renouveau marqué pour l’industrie pétrolière et gazière algérienne, qui connaît sa période d’activité la plus intense depuis une décennie. Le pays a déployé ces dernières années une stratégie à double voie pour attirer les investissements étrangers, combinant appels d’offres internationaux et négociations bilatérales directes avec les compagnies énergétiques. Le premier appel d’offres pour des licences pétrolières et gazières depuis plus de dix ans, lancé sous le régime de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, a été finalisé en juin 2025 avec des résultats jugés très satisfaisants. Sur les six zones proposées, cinq ont été attribuées à des compagnies de premier plan, parmi lesquelles Sinopec, TotalEnergies, Eni et QatarEnergy, générant des investissements minimums de 936 millions de dollars, dont 533 millions consacrés à l’exploration et 403 millions au développement, sur des contrats d’une durée de trente ans.

 L’intérêt des majors pétrolières dépasse largement le cadre de ces appels d’offres. Des délégations d’ExxonMobil et de Chevron se sont rendues en Algérie en juillet 2025 pour des discussions de haut niveau. Occidental Petroleum, qui envisageait de quitter le pays en 2019, a au contraire renforcé ses investissements et considère désormais l’Algérie comme un actif stratégique à long terme. Eni a consolidé sa position en reprenant les actifs de BP puis ceux de Neptune Energy, avant de signer un contrat de 1,35 milliard de dollars avec Sonatrach en 2025. Chevron explore le développement de ressources non conventionnelles, tandis que Shell privilégie les négociations bilatérales et qu’Equinor discute du renouvellement de ses contrats existants. En ouvrant le champ de la réflexion à l’offshore méditerranéen et aux techniques de récupération assistée, la rencontre d’Alger vise à élargir encore l’horizon du secteur algérien des hydrocarbures, à un moment où le pays retrouve une attractivité qu’il n’avait plus connue depuis longtemps auprès des investisseurs internationaux.

Samira Ghrib

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