Municipales en France : LFI réalise une percée et bouscule le jeu politique
Le premier tour des élections municipales françaises a livré son verdict dimanche, et il redistribue profondément les cartes à gauche. La France insoumise réalise une percée significative dans plusieurs grandes villes, s’imposant tantôt comme force conquérante, tantôt comme arbitre incontournable du second tour prévu dimanche prochain. « Une magnifique percée », s’est félicité le leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon sur X.
Les résultats les plus marquants sont survenus en banlieue parisienne et dans le nord du pays. À Saint-Denis, deuxième ville d’Île-de-France, le candidat LFI Bally Bagayoko l’a emporté dès le premier tour, évinçant le maire socialiste sortant Mathieu Hanotin et faisant de cette commune la plus grande ville dirigée par un insoumis. À Roubaix, David Guiraud a recueilli près de 47 % des suffrages, se plaçant en position très favorable pour le second tour. Dans d’autres métropoles, LFI joue désormais un rôle d’arbitre décisif. À Toulouse, à Limoges et à Lille, les candidats insoumis arrivent en deuxième position, forçant socialistes et écologistes à négocier des alliances sous contrainte. À Paris, la candidate LFI Sophia Chikirou, arrivée troisième avec près de 12 % des voix, conditionne son éventuel retrait à une fusion avec le PS. Ces scores placent le Parti socialiste dans une position inconfortable. Son secrétaire général Pierre Jouvet a exclu tout « accord national » avec LFI, tout en appelant localement « ceux qui ont une convergence de fond sur les projets municipaux à travailler ensemble », afin de ne pas « laisser des villes à la droite et à l’extrême droite ». De son côté, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a appelé à la constitution d’un « front antifasciste », dénonçant la « stratégie mortifère » de certains cadres socialistes. Les listes de fusion devront être déposées avant mardi 18 heures.
R.I.

