À la UneActualité

Contrôle des prix et approvisionnement du marché : Le dispositif spécial Ramadhan a tenu ses promesses

La mobilisation des pouvoirs publics en amont du mois sacré a permis d’éviter les tensions d’approvisionnement qui avaient marqué les années précédentes. Le bilan est positif, les chantiers structurels restent ouverts.

Alors que le mois de Ramadhan touche à sa fin, le ministère du Commerce intérieur dresse un bilan positif du dispositif de contrôle du marché, lequel a tenu ses promesses en matière de stabilité des prix. Le dispositif mis en place par le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national pour le mois de Ramadhan a rempli son office. C’est le constat dressé mardi par Ahmed Mokrani, directeur général de la régulation et de l’approvisionnement du marché, qui s’exprimait sur les ondes de la Radio nationale. Selon ce responsable, les mesures anticipées prises avant le début du mois sacré ont permis de garantir « une offre régulière de différents produits et marchandises à travers tout le territoire national ». Ce résultat n’a pas été le fruit du hasard. Un dispositif de veille a été installé sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, bien avant l’entame du Ramadhan. Des groupes de travail intersectoriels ont été constitués pour répondre en temps réel aux remontées des wilayas, notamment pour les produits sensibles que sont les viandes rouges et les fruits importés, dont la disponibilité conditionne largement la sérénité des ménages en cette période. Ce mécanisme, a précisé Mokrani, « a permis un suivi immédiat de la situation des marchés et une intervention rapide pour remédier à d’éventuels dysfonctionnements, en coordination avec les walis ». Les associations de protection du consommateur et l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) ont également été associées à cet effort collectif.

La continuité de cet effort est déjà programmée pour la période de l’Aïd El-Fitr. Plus de 55 700 commerçants seront mobilisés à travers les différentes wilayas, afin d’assurer un accès continu aux produits et services de large consommation. Les grossistes en fruits et légumes resteront ouverts sur les marchés de gros, y compris la société Magros, dont le rôle dans la régulation de la chaîne d’approvisionnement est appelé à s’élargir sensiblement dans les mois à venir. Car au-delà du bilan immédiat, c’est une réforme en profondeur de l’organisation commerciale qui se dessine. Le ministère a finalisé un plan global de réorganisation des marchés de gros et de détail, qui sera « prochainement soumis au Conseil des ministres », a annoncé Mokrani. Ce plan prévoit le réaménagement de 37 marchés de gros et une extension significative des prérogatives de Magros, qui se verrait confier des missions inédites : contractualisation directe avec les agriculteurs pour l’achat et le stockage des produits, et possibilité d’importation. L’objectif affiché est de court-circuiter les intermédiaires spéculatifs qui pèsent sur les prix à la consommation.

Du côté du commerce de proximité, le tableau reste contrasté. On compte 852 marchés de détail opérationnels à travers le pays, mais 257 autres demeurent inexploités. Des efforts sont engagés, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, pour remettre ces espaces en activité et densifier ainsi le maillage commercial sur l’ensemble du territoire. La couverture nationale uniforme reste un objectif de moyen terme, dans un pays où les disparités entre wilayas du Nord et localités enclavées du Sud ou des Hauts-Plateaux continuent de poser des défis logistiques réels.

Chokri Hafed

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *