L’entité sioniste détruit le pont stratégique de Qasmiyé : Tyr coupée du reste du pays
L’aviation de l’occupation israélienne a bombardé et détruit dimanche le pont de Qasmiyé, au nord de Tyr, isolant brutalement la ville et ses villages environnants du reste du Liban-Sud.
Le tir est intervenu trois heures exactement après que l’armée d’occupation israélienne en eut publiquement menacé la destruction — un délai qui ressemble moins à un avertissement humanitaire qu’à une mise en scène de la puissance de feu. C’est la première fois depuis la reprise des hostilités, le 2 mars, qu’une infrastructure civile majeure est délibérément rasée, franchissant un nouveau seuil dans l’escalade sioniste contre le Liban. Le pont de Qasmiyé n’était pas un ouvrage ordinaire. Situé à proximité immédiate d’un barrage de l’armée libanaise et d’un poste de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), il constituait l’axe routier vital reliant Tyr à Saïda et, au-delà, au reste du pays. Un tunnel passait en contrebas pour desservir les localités d’Arzi et Zrariyé. Sa destruction tranche net le cordon ombilical entre Tyr et la région de Zahrani, plongeant dans l’isolement une ville déjà meurtrie par trois semaines de bombardements incessants. Le président libanais, Joseph Aoun, a condamné, dans une déclaration postée dimanche sur le compte X de la présidence, le « ciblage par Israël des infrastructures et des installations vitales au Liban-Sud et leur destruction, en particulier le pont de Qasmiyé sur le fleuve Litani ainsi que d’autres ponts ». Joseph Aoun a déclaré que ces attaques « constituent une escalade dangereuse et une violation flagrante de la souveraineté du Liban, et peuvent être considérées comme une préparation à une invasion terrestre », une option au sujet de laquelle le Liban tire régulièrement la sonnette d’alarme par les canaux diplomatiques. Dimanche après-midi, l’armée israélienne a détruit ce pont stratégique qui relie le Liban-Sud au reste du pays.
Cette frappe contre les infrastructures civiles s’inscrit dans une nouvelle agression qui, depuis le 2 mars, a déjà coûté la vie à 1 024 personnes et blessé 2 740 autres, selon le bilan officiel de l’Unité de gestion des risques de catastrophe du Bureau du premier ministre libanais. Des chiffres que le ministre de la Santé, Rakan Nasser Eddine, a dramatiquement détaillés samedi soir : « Parmi les morts figurent plus de 120 enfants », a-t-il déclaré, ajoutant que 40 personnels soignants — médecins, infirmiers, ambulanciers — comptent également parmi les martyrs, et que cinq hôpitaux ont été entièrement mis hors service par les bombardements. Plus d’un million de Libanais — 1 049 328 selon le ministère de l’Intérieur — ont fui leurs foyers depuis le début de cette nouvelle offensive.
Sur le terrain, le Hezbollah maintient une résistance active face aux avancées terrestres israéliennes aux abords de Khiam, Taybé et Naqoura. Le mouvement a revendiqué dimanche plusieurs salves de roquettes contre des concentrations de soldats et de véhicules israéliens sur la colline de Khazzan à Odaisseh, à Jabal Warda près de Merkaba, et sur la colline de Muhaisibat. Des tirs en réponse directe à une offensive qui, rappelle le Hezbollah, viole frontalement l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 — lequel imposait à l’entité sioniste un retrait complet des localités frontalières du sud, retrait que Tel-Aviv n’a jamais pleinement honoré avant de passer à une guerre ouverte début mars. Le
Lyes S.

