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Palestine occupée : L’Europe condamne l’escalade sioniste en Cisjordanie

L’Union européenne a durci le ton face à la politique coloniale israélienne en Cisjordanie occupée et aux nouvelles mesures discriminatoires adoptées par la Knesset contre les Palestiniens. Mardi, lors d’un point de presse à Bruxelles, le porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, a réaffirmé la condamnation ferme du bloc des vingt-sept contre les actions unilatérales de l’entité sioniste visant à étendre sa présence en Cisjordanie, y compris à Al Qods-Est. Répondant à une question de l’agence de presse turque Anadolu, El Anouni a rappelé que cette position avait été arrêtée au plus haut niveau par les dirigeants du Conseil européen, en référence à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice qui a jugé ces actions contraires au droit international.

Le porte-parole a exigé que l’entité sioniste revienne sur ces décisions et respecte ses obligations au regard du droit international, notamment la protection des civils palestiniens dans les territoires occupés. L’UE a également condamné l’intensification des violences perpétrées par les colons extrémistes contre les populations palestiniennes, y compris les communautés chrétiennes. Bruxelles réitère son appel à l’adoption de nouvelles mesures restrictives contre les colons extrémistes et les entités qui les soutiennent, bien que l’unanimité des vingt-sept États membres soit nécessaire pour imposer des sanctions. Vingt-six pays se sont déjà prononcés en faveur de ces sanctions, mais un seul suffit pour bloquer leur adoption.

La situation sur le terrain se détériore rapidement. Selon la Commission de résistance au mur et à la colonisation, huit Palestiniens ont été tués par des tirs de colons depuis fin février. Environ 750.000 colons israéliens vivent actuellement dans des centaines d’implantations illégales en Cisjordanie, dont près de deux 250.000 à Al Qods-Est. Ces colons mènent régulièrement des attaques contre les Palestiniens que des organisations de défense des droits humains considèrent comme visant à les déplacer de force. Les violences se sont accrues dans toute la Cisjordanie depuis le début de la guerre à Ghaza en octobre 2023, incluant des meurtres, des destructions, des déplacements forcés et l’expansion des colonies.

L’Espagne et l’Allemagne ont condamné avec force la nouvelle loi adoptée lundi par la Knesset instaurant la peine de mort pour les prisonniers palestiniens. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a qualifié cette mesure de nouvelle étape vers l’apartheid, soulignant son caractère discriminatoire puisqu’elle ne s’appliquera pas aux Israéliens commettant les mêmes crimes. Sur le réseau social X, Sanchez a martelé que même crime ne peut justifier peine différente et que cela ne relève pas de la justice. Il a appelé le monde à ne pas rester silencieux face à cette dérive. L’Allemagne a également critiqué vivement cette loi. Le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius, a déclaré que l’opposition à la peine de mort constitue un principe fondamental de la politique allemande. 

Plus de 9.300 Palestiniens, dont 350 enfants et 66 femmes, sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes selon des organisations de défense des droits des prisonniers. Des rapports indiquent qu’ils subissent torture, faim et manque de soins médicaux, ayant entraîné des dizaines de décès.

La Ligue arabe a fermement condamné les restrictions imposées à la liberté de culte à Al Qods. Dans un communiqué publié mardi, elle a dénoncé l’interdiction faite aux chrétiens d’accéder à l’église du Saint-Sépulcre lors du Dimanche des Rameaux, événement inédit depuis des siècles selon le Patriarcat latin de Jérusalem. Les fidèles musulmans se voient également refuser l’accès à la mosquée Al-Aqsa pour la quatrième semaine consécutive depuis fin février. L’UE a réaffirmé son appel au maintien intégral et au plein respect du statu quo concernant les lieux saints.

À Ghaza, le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a affirmé mardi que les souffrances persistent malgré le cessez-le-feu qu’il qualifie de purement symbolique. Des civils continuent d’être tués et souffrent de pénuries d’eau et de nourriture ainsi que de la propagation de maladies. L’UNRWA demeure la seule agence capable de fournir des services complets dans la bande de Ghaza mais fait face à une grave crise de financement et pourrait se trouver dans l’incapacité de poursuivre ses activités sans soutien urgent. 

L.S.

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