APPO : La Banque africaine de l’énergie au cœur des discussions
L’Algérie était représentée lundi par le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, à la 49e réunion ministérielle extraordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), tenue par visioconférence. Au menu de cette session d’urgence : le financement des projets énergétiques du continent et les turbulences des marchés mondiaux. La séance a été présidée par le secrétaire général de l’APPO, Farid Ghezali, en présence du président du Conseil exécutif, Karrol Kadiata Leta. Ce dernier accompagnait la ministre d’État congolaise aux Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, en visite de travail en Algérie à la tête d’une délégation de haut niveau — signe que la réunion s’inscrit dans un mouvement diplomatique plus large entre producteurs africains.
Le projet de Banque africaine de l’énergie a occupé une place centrale dans les débats. Les ministres présents l’ont examiné en tant qu’«initiative stratégique visant à assurer les mécanismes de financement durable des projets pétroliers, gaziers et énergétiques dans le continent africain, à même de contribuer au soutien de l’investissement, de renforcer la sécurité énergétique et de favoriser le développement économique des États membres», selon le communiqué du ministère des Hydrocarbures. L’idée est ancienne, mais elle gagne en urgence : les grands bailleurs de fonds internationaux réduisent leur exposition aux hydrocarbures, laissant un vide que les États producteurs africains entendent combler par leurs propres instruments.
L’APPO compte 18 membres — Algérie, Angola, Nigeria, Libye, Gabon, RDC et onze autres pays — auxquels s’ajoute le Venezuela comme membre d’honneur. Ensemble, ces États détiennent plus de 90 % des réserves prouvées de pétrole du continent. Leur poids collectif est réel ; leur capacité à mobiliser des financements communs l’est moins encore, d’où l’enjeu de cette banque dédiée.
Marchés en turbulence, réponse collective à construire
Les discussions ont également porté sur «les derniers développements des marchés mondiaux de l’énergie et leurs répercussions sur les pays africains producteurs de pétrole et de gaz». La formulation officielle est mesurée, mais le contexte ne l’est pas : la volatilité des prix du brut depuis 2022, les pressions géopolitiques sur les routes d’exportation et la reconfiguration des partenariats énergétiques mondiaux placent les membres de l’APPO face à des arbitrages difficiles entre leurs recettes à court terme et leurs ambitions industrielles de long terme.
La réunion a par ailleurs abordé les «voies à même de renforcer la coopération et le partenariat entre les États membres», notamment sur les aspects organisationnels et institutionnels de l’organisation. Fondée en 1987, l’APPO a pour mission de coordonner les politiques des États membres dans l’ensemble de la filière hydrocarbures, de l’amont à l’aval, par l’échange d’expertises et la concertation sur les stratégies de développement.
Sabrina Aziouez

