Culture

Journée nationale de l’artiste : Gardien d’une mémoire que rien n’efface

À l’occasion de la Journée nationale de l’artiste célébrée lundi  8 juin, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a rendu un hommage appuyé aux créateurs algériens, vivants et disparus, en réaffirmant l’engagement de l’État à défendre et valoriser leur condition.

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a pris la parole — ou plutôt la plume — pour dire, simplement mais fermement, ce que représentent les artistes algériens pour leur pays. Le ton est celui de la reconnaissance, sincère et sans détour. La ministre exprime sa gratitude envers des femmes et des hommes qui, selon elle, ont porté quelque chose d’essentiel à travers les générations : l’identité d’un peuple. Elle salue des artistes qui, « génération après génération, ont apporté une contribution sincère à la préservation de l’identité nationale, à l’ancrage des valeurs d’appartenance et à la sauvegarde de la mémoire collective, tout en œuvrant au rayonnement de l’image de l’Algérie dans les différentes manifestations culturelles et artistiques ».

Des noms, des visages, des absences

Mais une journée dédiée aux artistes ne saurait ignorer ceux qui ne sont plus là. Mme Bendouda a tenu à nommer les disparus récents — geste rare et nécessaire dans un monde où l’oubli va vite. Elle a évoqué des figures qui ont traversé la musique, le cinéma et le théâtre algériens : Abdelmadjid Meskoud, Abdelhamid Khammar, Kamal Zerara, Anis Djaâd, Noubli Fadel, ou encore Baya Bouzar, dite Biyouna, et Faouzi Saichi. Autant de noms qui résonnent différemment selon les générations, mais qui ont tous laissé, selon la ministre, « un héritage et des œuvres qui ont inscrit leurs noms dans la mémoire collective et contribué à la préservation de l’identité culturelle nationale ». C’est peut-être là le plus beau des hommages : ne pas laisser une liste de titres, mais rappeler que derrière chaque œuvre, il y avait un être humain qui avait choisi de donner.

Ce qui distingue le message de Malika Bendouda d’un simple discours de circonstance, c’est la façon dont elle ancre la célébration dans une réflexion plus large sur le rôle de la culture dans la construction nationale. Pour elle, le 8 juin « traduit une vision qui fait de la culture un pilier essentiel dans l’édification de l’Algérie victorieuse, fière de son histoire et ouverte sur son avenir ». Une formulation qui dit clairement que l’art n’est pas un ornement dans le projet de société algérien — il en est une colonne vertébrale. Dans cette logique, la ministre rappelle que l’État, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, « continue d’accorder au secteur de la culture et des arts toute l’attention et le soutien qu’il mérite, convaincu que les grandes nations se construisent par la pensée, la beauté et la créativité qu’elles produisent ». Une conviction, dit-elle, « profonde ». Et les actes, selon elle, suivent : le ministère poursuit la mise en œuvre d’une stratégie visant à « valoriser le statut de l’artiste, à préserver ses droits, à améliorer les conditions d’exercice de sa noble mission, à accompagner les jeunes talents et à élargir les espaces dédiés à la création, à la production et à la formation ».

Mohand Seghir

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