Récolte céréalière à El Tarf : Les agriculteurs demandent plus de moissonneuses-batteuses
À l’approche du lancement de la campagne de moisson-battage dans la wilaya d’El Tarf, les céréaliers demandent plus de moissonneuses-batteuses, pour mener à bien la récolte.
Considérée comme l’un des principaux bassins céréaliers de l’Est algérien, la wilaya d’El Tarf consacre plus de 16.000 hectares à la culture des céréales, une superficie nettement supérieure à celle de la wilaya voisine d’Annaba, où les emblavures céréalières couvrent environ 11.000 hectares. Malgré ce potentiel agricole considérable, les moyens de récolte demeurent largement en deçà des besoins du secteur. Selon plusieurs agriculteurs, une vingtaine de moissonneuses-batteuses seulement est actuellement disponible au sein de la coopérative chargée de la gestion de ce parc mécanique, un nombre jugé très insuffisant pour répondre aux exigences d’une campagne de récolte de grande ampleur. D’après les professionnels, ces équipements ne couvriraient qu’environ 20 % des besoins réels des exploitations céréalières de la wilaya, sans compter les arrêts causés par d’éventuelles pannes mécaniques. Face à cette situation, les producteurs réitèrent leur revendication portant sur la création d’une coopérative autonome à El Tarf, capable d’assurer une gestion de proximité du matériel agricole et de renforcer les capacités locales en matière de récolte. Ils estiment que le poids économique de la filière céréalière dans la région justifie pleinement un tel investissement. Les inquiétudes sont d’autant plus vives que la campagne de moisson-battage a déjà été lancée, vendredi dernier, dans la wilaya d’Annaba. Les agriculteurs d’El Tarf redoutent des retards dans les opérations de récolte, susceptibles d’affecter les rendements et la qualité des grains, particulièrement en cas de hausse des températures ou d’intempéries. La coopérative concernée a certes procédé à la commande de six nouvelles moissonneuses-batteuses, mais celles-ci n’ont toujours pas été réceptionnées. En attendant leur livraison, les exploitants agricoles comptent, comme chaque année, sur le renfort de machines provenant d’autres wilayas céréalières, notamment Oum El Bouaghi et Khenchela. Toutefois, cette solution de secours semble compromise cette saison. Une partie importante du parc national de moissonneuses-batteuses est actuellement mobilisée dans les wilayas du Sud du pays, où les superficies consacrées aux cultures céréalières ont connu une forte expansion ces dernières années dans le cadre de la stratégie nationale de développement de l’agriculture saharienne. La récolte du blé tendre et de l’orge a déjà débuté dans plusieurs régions, tandis que celle du blé dur, principale production céréalière nationale, devrait être lancée prochainement. Dans ce contexte, les agriculteurs d’El Tarf espèrent une intervention rapide des autorités afin de renforcer les moyens de récolte et préserver une campagne agricole qui s’annonce déterminante pour la sécurité alimentaire du pays.
Sofia Chahine

