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Cybersécurité : Le nouveau front de la souveraineté

Les robots n’attendent pas. Ils opèrent 24h/24, sans relâche, sans fatigue. C’est face à cette réalité que le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a ouvert dimanche à Alger la première édition des Journées de la cybersécurité – Algérie 2026, en appelant à une mobilisation nationale des compétences pour protéger l’avenir numérique du pays. L’événement, organisé au Palais de la culture Moufdi-Zakaria par l’agence Sixième Sens Communication et placé sous le parrainage du ministère, réunit jusqu’au 16 juin plus de 20 exposants nationaux et internationaux : éditeurs de solutions de sécurité, intégrateurs, start-up spécialisées dans la protection des données, la sécurité des réseaux, le cloud, les centres d’opérations de sécurité et l’intelligence artificielle appliquée à la cyberdéfense. La première journée a été marquée par une conférence inaugurale suivie d’un panel institutionnel centré sur la souveraineté numérique et le développement des compétences algériennes. Le ministre a livré un diagnostic sans détour sur l’état de la menace. «La nature des menaces a radicalement changé», a-t-il déclaré. Les risques cybernétiques, autrefois portés par des individus isolés ou des programmes à impact limité, «sont désormais liés à des robots et à des systèmes intelligents qui fonctionnent sans interruption, 24h/24, ce qui a élevé le niveau du défi et l’a rendu plus complexe et plus dangereux». Derrière ce constat se profile une question de fond : l’Algérie dispose-t-elle des ressources humaines et technologiques pour faire face à cette escalade ?

Ouadah n’a pas esquivé la réponse. Il a rappelé que «le volume des investissements mondiaux orientés vers les technologies liées à l’intelligence artificielle a atteint des niveaux sans précédent, rendant la cybersécurité une question plus sensible et plus importante que jamais». Cette montée en puissance mondiale impose à l’Algérie un choix : subir la dépendance technologique ou investir dans ses propres capacités. Pour le ministre, la voie est tracée : «l’intelligence artificielle exige une mobilisation collective au regard de son importance stratégique et de sa sensibilité pour la sécurité de l’Algérie et son avenir numérique». La riposte qu’il préconise repose sur un triptyque : universités, start-up, experts. Faire face aux nouvelles menaces requiert, selon lui, de «s’appuyer sur les compétences nationales, les start-up, les universités et les experts, afin de développer des technologies locales capables de protéger les systèmes numériques». L’ambition va au-delà de la réponse à l’urgence. Il s’agit de construire une doctrine. Encourager l’innovation et développer les start-up représentent, a-t-il insisté, «le meilleur moyen de bâtir un front national capable de faire face aux risques liés à la transformation numérique et à l’intelligence artificielle». Dans ce cadre, l’innovation ouverte occupe une place centrale. Ouadah l’a présentée non pas comme un concept abstrait mais comme «un mécanisme concret pour mesurer le degré d’implication des entreprises dans la dynamique nationale d’innovation». Les opérateurs économiques, publics et privés, sont directement interpellés. Ils doivent adopter ce modèle et exploiter les leviers mis en place par l’État. «Les mécanismes nécessaires sont désormais disponibles pour renforcer l’implication des universitaires, des étudiants, des porteurs de start-up et des opérateurs économiques dans l’économie de la connaissance», a affirmé le ministre, en référence au cadre réglementaire issu des récentes réformes, qui offre des possibilités élargies de financement des projets innovants.

Malik Meziane

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