Culture

64e anniversaire de l’Indépendance : Une célébration entre art et mémoire

Du chœur lyrique résonnant dans le hall de l’aéroport international aux fanfares faisant vibrer la place de la Grande Poste, en passant par les écrans installés sous les étoiles, la 64e commémoration de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, célébrée le 5 juillet, a donné lieu à travers le territoire national à une mobilisation artistique dense, portée conjointement par plusieurs institutions culturelles et sportives du pays.

Selon un communiqué du ministère de la Culture et des Arts, l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh a organisé, en collaboration avec l’aéroport international Houari-Boumediène, une prestation inédite de son chœur, offrant aux voyageurs et à leurs proches un répertoire mêlant grands airs universels et patrimoine musical algérien. Une initiative que le ministère inscrit dans sa politique de démocratisation culturelle, visant à « sortir des enceintes traditionnelles des théâtres et des salles » pour rapprocher l’art du plus grand nombre, y compris des visiteurs étrangers de passage.

Le même soir, la place de la Grande Poste à Alger accueillait une soirée patriotique intitulée « Salil El Ahrar » (les héritiers des hommes libres), organisée par la Direction de la jeunesse, des sports et des loisirs (DJS) de la wilaya d’Alger sous l’égide des ministères de la Jeunesse et des Sports. Fanfares des maisons de jeunes d’Aïn Naâdja, de Rahmania et de Staoueli, chœurs réunissant sept structures de jeunesse de la capitale, jeunes solistes sopranes et ténor ont enchaîné des pièces telles que « Ya Chahid El Watan » ou « Tahia Filastine », devant une foule nombreuse qui a envahi la place et les balcons environnants. La soirée s’est achevée par un feu d’artifice, avant que les célébrations ne se poursuivent le lendemain à la Promenade des Sablettes, avec l’annonce de l’ouverture du 7e Festival national des jeunes talents de la chanson lyrique.

Parallèlement à ces rendez-vous musicaux, le septième art a lui aussi été mobilisé pour marquer l’événement. Le Centre algérien de développement du cinéma (CADC) et le Centre national du cinéma (CNC) ont déployé, du 1er au 8 juillet, un programme de projections en plein air couvrant plusieurs wilayas, d’Alger à Ouargla, en passant par El Menia, Relizane et Touggourt. Ports, places publiques et maisons de la culture se sont ainsi transformés en salles à ciel ouvert, avec une programmation associant classiques du patrimoine cinématographique national, tels que « Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb et « L’Opium et le bâton » d’Ahmed Rachedi, à des œuvres destinées au jeune public.

De ces trois initiatives menées simultanément, musique lyrique, chant patriotique populaire et cinéma itinérant, se dégage une même logique assumée par les pouvoirs publics, celle de faire de l’art un vecteur de mémoire collective et de commémoration populaire, en l’affranchissant des lieux qui lui sont habituellement réservés. Aéroport, places publiques, ports et centres culturels de wilayas reculées sont ainsi devenus les scènes multiples d’une même célébration, où la jeunesse algérienne s’est trouvée à la fois actrice et destinataire d’une transmission culturelle et patriotique voulue accessible à tous.

Mohand Seghir

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