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Mali : Nouvelle vague d’attaques coordonnées contre l’armée et une prison

Le Mali a été frappé samedi par une série d’attaques coordonnées menées par des groupes terroristes et les groupes de l’Azawad contre plusieurs localités du pays ainsi que contre un établissement pénitentiaire, deux mois à peine après une précédente offensive qui avait coûté la vie au ministre de la Défense et permis la prise de la ville stratégique de Kidal, rapportent l’AFP et Reuters. Selon Reuters, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda, a revendiqué samedi plusieurs assauts contre des positions militaires, affirmant avoir pris le contrôle d’au moins trois d’entre elles, sans que l’agence n’ait pu vérifier ces affirmations de manière indépendante.

D’après l’AFP, les assauts ont débuté dès l’aube dans les localités de Gao, Anéfis et Aguelhok, dans le nord, ainsi qu’à Sévaré dans le centre et contre la prison de Kéniéroba, à une soixantaine de kilomètres au sud de Bamako. L’armée malienne a d’abord assuré avoir « vigoureusement repoussé » ces attaques, avant d’indiquer avoir également contré des offensives similaires à Konna et Somadougou, avec l’appui des paramilitaires russes d’Africa Corps. Cet épisode intervient après les attaques menées fin avril par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) qui avaient ébranlé la junte à Bamako et abouti à la perte de Kidal. Un élu local d’Anéfis a affirmé à l’AFP que les combattants du FLA contrôlaient désormais la ville, précisant que les paramilitaires russes s’y trouvaient retranchés dans leur camp et que de nombreux militaires maliens avaient été faits prisonniers, tandis qu’un porte-parole du FLA revendiquait la prise de plusieurs postes. À Gao, des habitants ont rapporté des tirs nourris près d’un camp militaire, et des explosions ont aussi été signalées à Sévaré, avant que les combats ne s’y estompent dans l’après-midi. À la prison de Kéniéroba, un détenu joint par téléphone a fait état de tirs prolongés avant que les communications ne soient coupées. L’armée a reconnu la mort d’un soldat à Gao et affirmé avoir neutralisé une vingtaine d’assaillants, un bilan jugé probablement sous-évalué faute de communication militaire sur ses propres pertes.

Pour Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute à Dakar, cité par l’AFP, ces opérations participent d’une stratégie visant à affaiblir et isoler durablement le pouvoir en place. Un chercheur associé à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme d’Abidjan estime que l’objectif immédiat des groupes armés serait de consolider leur emprise sur le nord avant d’étendre leur pression vers le sud.

Le Mali, dirigé depuis les coups d’État de 2020 et 2021 par une junte, fait face depuis 2012 à des attaques terroristes menées par des groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Depuis septembre 2025, le JNIM multiplie les blocus routiers autour de Bamako, provoquant de sévères pénuries de carburant dans la capitale.

R.I.

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