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CAN féminine 2026 : Les Vertes ont leur destin entre leurs mains

Battues jeudi soir par la sélection du pays hôte au terme d’un scénario cruel, les Algériennes ont aussitôt tourné la page pour se projeter vers leur ultime rendez-vous de la phase de poules, prévu lundi face au Kenya, une échéance qui décidera de leur sort dans cette Coupe d’Afrique des nations féminine disputée sur le sol marocain.

L’équipe nationale a repris l’entraînement, dès vendredi à 17h00, au lendemain d’une défaite (1-0) concédée face au pays organisateur au stade Moulay Hassan de Rabat. Avant même le coup d’envoi de la séance, joueuses et encadrement ont observé une minute de silence, en mémoire des victimes du grave accident de la route survenu le matin même à Boumerdès.

Sur le plan strictement sportif, le staff technique dirigé par Farid Benstiti a opté pour une organisation à deux vitesses. Les éléments ayant débuté la veille contre les Marocaines se sont contentés d’un travail de récupération encadré par le préparateur physique, tandis que les autres membres du groupe ont enchaîné sur une séance classique, articulée autour d’ateliers technico-tactiques. Fait notable, Sofia Guellati et Melline D’Oria ont retrouvé le collectif, un renfort bienvenu à l’approche d’un match à haute tension, quand Morgane Ikene et Morgane Belkhiter, elles, ont été préservées et confiées au staff médical, sans que la nature exacte de leur gêne n’ait filtré.

Ce sursaut collectif intervient après une soirée frustrante à Rabat. Portées par leur succès inaugural face au Sénégal (2-0), les partenaires de Mélissa Bethi pensaient tenir l’occasion d’assurer leur billet avant l’heure. Le scénario en a décidé autrement. Longtemps solides, disciplinées dans leur organisation défensive et auteures d’une opposition sérieuse jusque dans le dernier quart d’heure, les Vertes ont fini par céder à la 84e minute, sur une réalisation qui a douché leurs espoirs de qualification anticipée. Une désillusion d’autant plus amère que la physionomie de la partie n’annonçait pas un tel dénouement, tant l’équipe nationale avait rivalisé avec une formation locale portée par l’enjeu et le soutien de ses tribunes.

Ce revers n’a toutefois rien d’irrémédiable. Dans l’autre match du groupe A, le Sénégal a renoué avec le succès en dominant le Kenya sur la plus courte des marges (1-0), relançant du même coup une poule totalement ouverte à l’aube de son ultime journée. Au classement, le Maroc trône en tête avec six points, synonyme de qualification acquise, pendant que l’Algérie et le Sénégal se tiennent à trois unités chacun, séparés par leur seule confrontation directe favorable aux couleurs nationales. Le Kenya, de son côté, reste scotché à zéro point et jouera essentiellement l’honneur.

C’est précisément cette hiérarchie qui place les Algériennes en position de force avant la dernière journée. Un simple succès contre les Kényanes suffirait à valider la qualification pour les quarts de finale, indépendamment de l’issue du duel entre Sénégalaises et Marocaines. Même un match nul ferait l’affaire, à condition que le Sénégal ne s’impose pas face au Maroc ; en cas d’égalité de points entre Algériennes et Sénégalaises à l’issue de la phase de groupes, l’avantage obtenu lors de la première journée basculerait en faveur des Vertes. En revanche, un partage des points assorti d’une victoire sénégalaise reléguerait l’Algérie à la troisième place, synonyme d’élimination malgré quatre points au compteur. Plus périlleux encore, une défaite d’un seul but pourrait, dans certaines configurations, laisser une porte entrouverte si le Sénégal s’incline également face au Maroc, un scénario à trois équipes à égalité de points où la différence de buts particulière trancherait. À l’inverse, tout revers plus large qu’un but éliminerait d’office la sélection nationale, quel que soit le résultat affiché entre Sénégalaises et Marocaines.

Au-delà de la seule dimension continentale, l’enjeu dépasse le cadre de cette CAN. Une qualification pour les quarts de finale maintiendrait en effet les Algériennes dans la course à une place pour la Coupe du monde 2027, avec un billet direct en cas de victoire au tour suivant, ou, à défaut, la perspective d’un barrage africain menant vers les barrages intercontinentaux. Autant dire que la rencontre de lundi, programmée à 21h00 au Stade Olympique de Rabat, en simultané avec le choc Sénégal-Maroc, s’annonce comme un rendez-vous à enjeux multiples pour un groupe qui, malgré la désillusion de jeudi, a démontré qu’il possédait les ressources techniques et le caractère nécessaires pour rivaliser avec les meilleures nations du continent.

Moncef Dahleb

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