Festival International du Film d’Alger : Appel à candidature pour le « premier Jury Jeunesse »
Le Festival International du Film d’Alger ouvre pour la première fois de son histoire les portes de son jury à un public qu’il n’avait encore jamais associé directement à sa compétition. Dans un communiqué diffusé samedi, les organisateurs de la 13ᵉ édition du festival, prévue du 5 au 12 décembre prochain dans la capitale, annoncent le lancement d’un appel à candidatures pour constituer ce qu’ils appellent leur « premier Jury Jeunesse », une instance composée de treize jeunes algériens âgés de 18 à 28 ans et sélectionnés parmi les passionnés de cinéma du pays. L’idée portée par le commissariat du festival est claire. Il s’agit, selon les termes mêmes du texte, « d’associer une nouvelle génération de cinéphiles à la vie du festival et de lui offrir une place active au sein de la compétition ». Les treize membres retenus ne seront pas de simples spectateurs invités à applaudir poliment les films projetés. Ils suivront les œuvres en lice dans les trois sections officielles de cette édition, à savoir Longs métrages, Courts métrages et Découverte, cette dernière catégorie ayant justement été créée cet été pour accueillir les écritures singulières et les nouveaux talents. Au terme de leurs délibérations, le communiqué précise qu’ils décerneront « en toute indépendance » le Grand Prix du Jury Jeunesse ainsi qu’une éventuelle Mention spéciale, distinctions qui seront remises lors de la cérémonie de clôture.
Le rôle de ces jeunes jurés ne s’arrêtera pas à la remise d’un prix. Le communiqué indique qu’ils seront également « appelés à rédiger un véritable journal critique », mêlant textes critiques, entretiens filmés et podcasts, publié sur le site du festival tout au long de la semaine de projections. Ils auront aussi accès aux rencontres organisées avec les cinéastes et les professionnels invités, un privilège que le texte présente comme une occasion de « dialoguer directement avec les créateurs et de mieux appréhender les réalités de la création et de l’industrie cinématographiques ».
Peuvent postuler tous les jeunes de 18 à 28 ans capables d’être disponibles pendant toute la durée du festival et manifestant, selon les mots du communiqué, « un intérêt marqué pour le cinéma ainsi qu’une aptitude au travail collectif ». Aucun bagage universitaire ni aucune expérience préalable en critique cinématographique n’est exigé, une porte ouverte assumée vers des profils venus d’horizons variés. Le dossier de candidature doit comprendre un curriculum vitae actualisé, une lettre de motivation et une critique de film originale, que le candidat peut présenter sous la forme d’un texte court de 1 500 à 2 000 signes ou d’une vidéo ne dépassant pas trois minutes. Les dossiers sont à déposer exclusivement via le formulaire en ligne disponible sur le site officiel du festival, à l’adresse www.ficinema.dz, avant le 30 octobre à minuit heure d’Alger. Les candidats retenus seront informés individuellement une fois les délibérations du comité de sélection achevées.
Cette initiative s’inscrit dans une séquence de mutations pour le festival algérois. Depuis cet été, l’AIFF est dirigé sur le plan artistique par Nadia Meflah, critique et programmatrice franco-algérienne spécialisée dans les cinématographies du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Afrique subsaharienne, dont l’ambition affichée est de faire d’Alger un centre majeur du cinéma mondial. Le festival avait par ailleurs ouvert dès le 18 juillet les inscriptions de films pour cette 13ᵉ édition, avant de prolonger la date limite de soumission jusqu’au 15 septembre afin de laisser davantage de temps aux cinéastes. L’an dernier, la 12ᵉ édition avait réuni plus de 3 300 films soumis depuis 117 pays, un chiffre qui donne la mesure de l’ambition internationale que l’AIFF continue de nourrir en attendant de dévoiler, dans les prochaines semaines, sa sélection officielle et le nom des treize jeunes qui porteront pour la première fois la voix de leur génération dans les délibérations du festival.
Mohand S.

