Hamid Tahri, la plume qui aura raconté un demi-siècle de journalisme algérien
La presse nationale est en deuil. Le journaliste Hamid Tahri s’est éteint vendredi à l’hôpital Mustapha Bacha à Alger où il était hospitalisé depuis près d’un mois à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Membre fondateur du quotidien El Watan, il avait aussi dirigé pendant plusieurs années l’hebdomadaire sportif Olympic lancé par ce même journal.
La Direction générale de la communication à la Présidence de la République a présenté ce samedi ses condoléances à la famille du défunt. Dans un message diffusé par l’APS, elle écrit « la Direction générale de la communication à la Présidence de la République présente ses sincères condoléances et exprime sa profonde compassion à la famille du défunt de la presse nationale, Hamid Tahri, décédé des suites d’une longue maladie ». Le texte poursuit « puisse Allah accorder Sa sainte miséricorde à Hamid, l’une des plumes émérites de la presse écrite algérienne. Le défunt avait débuté sa carrière au quotidien +El Moudjahid+, où il s’intéressa à la couverture et à l’analyse de l’actualité sportive nationale et internationale, avant de se consacrer aux domaines de la politique, de la culture et même de l’économie, s’imposant ainsi comme l’un des rares journalistes polyvalents de sa génération ». La Présidence ajoute « Hamid s’est particulièrement illustré au sommet de son art après avoir rejoint le quotidien francophone +El Watan+ dès les premières années de sa création, marquant de son empreinte professionnelle plusieurs générations de journalistes ayant travaillé sous sa direction au sein de la rédaction ». Le message se termine ainsi « en cette douloureuse épreuve, nous ne pouvons que prier Allah Tout-Puissant d’entourer le défunt de Sa sainte miséricorde, de l’accueillir en Son vaste paradis, et de prêter à ses proches, ainsi qu’à tous ceux qui l’ont connu, patience et réconfort. A Allah nous appartenons et à Lui nous retournons ».
Sociologue de formation, Hamid Tahri avait embrassé le journalisme en 1974 au sein d’El Moudjahid où il couvrait d’abord l’actualité sportive avant d’élargir son champ à la politique, à la culture et à l’économie. En 1990, il rejoint Omar Belhouchet et d’autres confrères pour fonder El Watan, journal auquel son nom restera durablement associé. Il y a marqué de nombreuses générations de journalistes passées sous sa direction et s’est fait connaître du grand public pour ses éditoriaux, ses reportages et surtout ses portraits, près d’une centaine, consacrés à des moudjahidine, des universitaires, des sportifs, des artistes et des hommes politiques. Une partie de ce travail avait été rassemblée en 2017 dans un ouvrage intitulé Portraits, itinéraires peu communs.
Sur les réseaux sociaux, la profession a salué la mémoire d’un homme d’une grande intégrité. El Moudjahid a rappelé qu’il avait consacré plus d’un demi-siècle à son métier, exercé avec exigence, curiosité et une profonde passion pour l’humain, tandis qu’El Watan a rendu hommage à un travailleur infatigable, doté d’un don caché pour la caricature et très apprécié pour la rigueur et le talent avec lesquels il exerçait son métier.
Massinissa Raïs

