Le sprinteur algérien Abdelkader Benguella réalise un exploit historique : Médaillé d’argent Championnats du monde Masters à 92 ans !
À 92 ans, le sprinteur algérien Abdelkader Benguella est monté sur le podium des Championnats du monde Masters d’athlétisme à Daegu, en Corée du Sud, décrochant l’argent du 100 mètres dans la catégorie M90, une performance saluée par le ministère des Sports comme un exploit historique. Le ministère des Sports a annoncé, dimanche, que l’athlète algérien Abdelkader Benguella avait décroché la médaille d’argent du 100 mètres, catégorie M90, aux Championnats du monde Masters d’athlétisme organisés à Daegu, en bouclant la distance en 18 secondes 99. Dans un communiqué relayé sur ses réseaux sociaux, le ministère a salué « un exploit historique », estimant que ce résultat « ne représente pas seulement une médaille, mais porte également un message aux générations futures, le sport ne connaît pas d’âge, et la volonté ainsi que la détermination permettent de réaliser des exploits, quel que soit l’âge, qui n’est finalement qu’un chiffre, tandis que la volonté ne connaît pas l’impossible ».
Né le 26 janvier 1934 dans le quartier algérois de Hussein Dey, Benguella n’en est pas à son coup d’essai. Sa longévité sportive s’accompagne d’une histoire personnelle intimement liée à celle du pays, puisqu’il fut, durant la guerre de Libération, surnommé « le colis postal » pour avoir assuré, au péril de sa vie, la transmission de messages entre moudjahidine. Cette part de son parcours fait aujourd’hui de lui bien plus qu’un athlète, une figure à la croisée de la mémoire nationale et du dépassement de soi.
Depuis des décennies, l’homme continue d’enfiler le survêtement national dans les compétitions Masters, qu’elles soient continentales ou mondiales. L’an dernier encore, il avait décroché le titre des Championnats d’Afrique Open Masters en Tunisie, y réalisant un temps de 18 secondes 55 sur 100 mètres, un chrono qui lui avait valu le record d’Afrique de sa catégorie et le statut de sprinteur africain le plus rapide au-delà de 90 ans. La médaille d’argent glanée à Daegu confirme donc une trajectoire qui ne cesse d’étonner, y compris ceux qui suivent son parcours depuis longtemps.
Interrogé à plusieurs reprises sur le secret de cette forme insolente à un âge où beaucoup ont depuis longtemps rangé les baskets, Benguella a fini par forger une formule devenue sa signature, « mon médecin, c’est la piste ». Une phrase simple, presque désarmante, mais qui résume à elle seule une conviction forgée sur la durée, celle qu’une activité physique régulière reste l’un des meilleurs remèdes contre le poids des années. À Daegu, l’Algérie a une nouvelle fois pu compter sur ce nonagénaire increvable pour rappeler que la performance sportive n’a, décidément, pas de date de péremption.
M.D.

