Projet SoutH2 Corridor : Un sommet inédit prévu prochainement à Alger
Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables a présidé dimanche une réunion consacrée aux préparatifs d’un événement mondial que doit accueillir Alger autour du SoutH2 Corridor, ce projet d’infrastructure destiné à acheminer l’hydrogène vert algérien jusqu’en Allemagne. L’évènement doit réunir les ministres de l’Énergie des pays partenaires du projet.
Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a présidé dimanche une réunion avec plusieurs cadres de son département consacrée aux « travaux préparatoires de l’événement mondial que connaîtra la capitale algérienne autour du projet du Corridor Sud pour l’hydrogène (SoutH2 Corridor) », selon un communiqué publié par le ministère sur sa page Facebook. Le texte rappelle que ce corridor est « un projet d’infrastructure géant visant à transporter l’hydrogène vert produit en Algérie à travers l’Italie et l’Autriche jusqu’en Allemagne, au cœur de l’Europe ».
Le communiqué précise que ce chantier « représente un partenariat stratégique important », la tenue de la rencontre annoncée à Alger devant réunir les ministres de l’Énergie des pays concernés par le projet. Lors de la réunion tenue au siège du ministère, plusieurs présentations ont été faites sur ce dossier avant que le ministre ne délivre, selon la même source, « une série d’instructions et d’orientations » à ses équipes.
Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’un projet lancé fin 2024 lors du salon Napec à Oran, où Sonatrach, Sonelgaz et leurs partenaires européens VNG et SNAM avaient signé un protocole d’accord portant sur les études de faisabilité de l’ensemble de la chaîne de valeur. Le SoutH2 Corridor vise à relier l’Afrique du Nord aux grands pôles industriels européens sur près de 3300 kilomètres, en réutilisant en grande partie des gazoducs existants convertis au transport d’hydrogène.
En janvier 2025, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne avaient signé à Rome une déclaration d’intention commune scellant leur engagement politique en faveur du corridor, censé offrir à terme une capacité d’importation supérieure à 4 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an vers l’Union européenne, pour une mise en service espérée au début des années 2030.
Le dossier a connu une accélération notable ces dernières semaines. Mi-juillet, la visite du président de la République Abdelmadjid Tebboune à Berlin avait permis au Chef de l’Etat et au chancelier allemand Friedrich Merz et de réaffirmer leur volonté de concrétiser rapidement le projet, dans un contexte de rapprochement économique entre les deux pays portant notamment sur le gaz, l’hydrogène et les terres rares. Des industriels allemands doivent par ailleurs se rendre en Algérie et en Tunisie du 21 au 25 septembre prochain dans le cadre d’une mission de prospection consacrée à l’hydrogène vert et aux solutions de stockage d’énergie, organisée avec les chambres de commerce germano-algérienne et germano-tunisienne.
Samira Ghrib

