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Ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa : Djellaoui accélère la cadence

Le gouvernement resserre le calendrier de la dorsale transsaharienne ferroviaire à un mois du lancement des travaux.

Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base Abdelkader Djellaoui a réuni dimanche au siège de son département la haute commission interministérielle chargée de suivre le financement et la réalisation de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa. Selon un communiqué diffusé lundi, le ministre s’est félicité de l’état d’avancement des préparatifs sur le terrain, jugeant que les résultats atteints permettaient de réunir les conditions nécessaires au lancement du projet dans les délais impartis. Le document précise que la rencontre a réuni les représentants du ministère des Travaux publics et de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires, ceux du ministère des Finances via la Direction générale du budget et la Direction générale du domaine national, ainsi que des délégués des ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Transports, de l’Agriculture, de la Poste et des Télécommunications, de l’Energie, de l’Hydraulique et de l’Industrie. Les directeurs généraux de la Société nationale des transports ferroviaires et de la Caisse nationale d’équipement pour le développement ont également pris part aux travaux.

L’ordre du jour a porté sur le suivi des préparatifs de lancement et sur les mesures à prendre pour lever les obstacles éventuels au niveau des tronçons Ouargla-El Meniaa et El Meniaa-In Salah-Tamanrasset. Le communiqué indique que la réunion a aussi servi à examiner les moyens de renforcer la coordination entre les intervenants, autorités locales comprises, afin de garantir l’achèvement des démarches requises et le démarrage effectif du chantier. « Réunir les conditions nécessaires au lancement de la réalisation du projet dans les délais impartis », a insisté le ministère dans son texte, formule qui traduit l’urgence désormais affichée par l’exécutif.

Ce coup d’accélérateur s’explique par une échéance fixée au plus haut niveau de l’Etat. Lors d’un Conseil des ministres tenu au printemps, le président Abdelmadjid Tebboune a exigé que les travaux du tronçon Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa démarrent au plus tard en septembre 2026, à travers trois chantiers menés simultanément. Un responsable du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports avait confirmé en juin, en marge du Salon international de l’industrie et des infrastructures ferroviaires à Oran, que les études techniques étaient achevées à cent pour cent et que les travaux seraient confiés à des entreprises et une main-d’œuvre algériennes, pour un délai contractuel de vingt-quatre mois.

Long de 495 kilomètres, ce premier maillon de la future ligne Alger-Tamanrasset est scindé en deux lots. Le tronçon Laghouat-Ghardaïa, sur 265 kilomètres, doit accueillir cinq gares, vingt et un viaducs, un tunnel et cinquante-cinq ouvrages hydrauliques, pour un coût évalué à environ 1,4 milliard de dollars. Le second lot, entre Ghardaïa et El Meniaa, s’étend sur 230 kilomètres et prévoit trois gares, six viaducs et trente-cinq autres ouvrages, pour près de 1,2 milliard de dollars. L’ensemble du tronçon est estimé à quelque 2,8 milliards de dollars.

Sur le plan des financements, la Banque africaine de développement avait approuvé dès décembre 2025 un prêt de 747,32 millions d’euros destiné à la première tranche du projet. Le 13 juillet dernier, son conseil d’administration a validé à Abidjan une seconde enveloppe de 878,09 millions de dollars, cette fois consacrée à la section Ghardaïa-El Meniaa et à des aménagements connexes. Ce financement s’inscrit dans le document de stratégie pays 2025-2030 de l’institution panafricaine pour l’Algérie.

La vice-présidente principale de la BAD, Marie-Laure Akin-Olugbade, avait qualifié fin mai la contribution de la Banque au premier tronçon de plus grand projet jamais financé par l’institution en Algérie, rappelant que la voie transsaharienne comptait parmi les interventions les plus transformatrices de son portefeuille. La ligne doit traverser six wilayas, d’Alger à In Salah, et vise à désenclaver le grand Sud, à rapprocher les bassins de production des marchés et à renforcer l’intégration régionale le long du corridor. Elle est également centrale pour les projets d’intégration économique dans la région sahélo-saharienne.

Amar Malki

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