Culture

El Bahia accueille son premier grand rendez-vous Oran PhotoLab

4 jours dédiés au bicentenaire de la photographie

Oran s’apprête à vivre, du 19 au 22 septembre 2026, quatre journées entièrement dédiées à la photographie.

À l’occasion du bicentenaire de la photographie, la capitale de l’Ouest algérien accueillera « son premier grand rendez-vous dédié à la photo », un événement entièrement gratuit et ouvert à tous, porté par le collectif Oran PhotoLab. Masterclass, conférences, expositions, projections et ateliers rythmeront ce moment collectif pensé comme un espace de réflexion autour de l’image, à un moment où celle-ci « circule massivement mais se pense rarement » estiment les organisateurs.

Né d’une volonté simple, celle de « rouvrir un espace de réflexion, de pratique et de partage autour de l’image à Oran », le projet se démarque d’emblée des formats institutionnels classiques. Ses initiateurs le revendiquent. Oran PhotoLab « n’est ni un festival ni un événement institutionnel », mais « un espace ouvert, léger et indépendant, construit à partir de la rencontre entre pratiques artistiques, transmission et discussion ». L’ambition affichée dépasse la simple exposition d’images. Il s’agit de « créer un moment collectif où la photographie retrouve sa dimension sensible, intellectuelle et sociale », soulignent les organisateurs. Le programme entend ainsi explorer la photographie « dans ses extensions : psychologique, narrative, cinématographique et contemporaine », rappelant que l’image « n’est pas seulement un objet à produire, mais un langage à lire, à interpréter et à vivre ».

Parmi les temps forts annoncés, le photographe Sadak Souici animera le 21 septembre, de 16h à 18h, une masterclass intitulée « Quand la mer gagne du terrain », organisée en partenariat avec le centre Pierre Claverie d’Oran. Cette rencontre proposera « une immersion au cœur de territoires directement touchés par les conséquences du changement climatique », à travers un regard croisé entre les îles Guna, au Panama, et les zones côtières de la Sierra Leone. Les clichés présentés « témoignent du quotidien de communautés vivant en première ligne de l’urgence climatique », donnant à voir, selon les organisateurs, « des histoires humaines souvent peu visibles : celles de familles contraintes de s’adapter, de protéger leurs terres, leurs habitations et leurs traditions face à une menace grandissante ». Au-delà du témoignage visuel, la masterclass se veut aussi un espace de réflexion sur le métier. Elle permettra d’aborder « les enjeux du reportage documentaire et de la photographie engagée », et de questionner la manière de « raconter une réalité climatique à travers l’image » et de « donner une voix à celles et ceux qui vivent déjà les effets du dérèglement climatique », explique-t-on.

La veille, de 10h à 12h, le Musée Zabana accueillera une seconde masterclass, animée par Hala Chaima Atatfa et intitulée « Une vie d’écriture et de voyage — Carnet d’exploration ». Loin d’une simple présentation technique, l’intervenante interroge d’abord ce qui pousse à se mettre en mouvement : « Qu’est-ce qui nous pousse à nous mettre sur la route ? » Pour elle, les motivations sont aussi nombreuses que les voyageurs eux-mêmes, entre fuite, quête de sens ou recherche de sensations. Le carnet, confie-t-elle, a longtemps été « un compagnon de solitude », avant de devenir « un recueil de textes, de photos, de matériaux et de toute forme d’expression artistique qu’on peut récolter sur la route ». La masterclass reviendra ainsi sur ce qui donne sa force à un récit de voyage, qu’il s’agisse d’images capturées à l’objectif ou de notes griffonnées « fiévreusement sur les pages blanches », entre paysages, rencontres et émotions vécues sur le terrain.

Les deux rendez-vous sont accessibles sur inscription, via le site dédié (oranphotolabb.netlify.app) ou par courriel, les places pour la masterclass du Musée Zabana étant ouvertes jusqu’au 15 septembre. L’ensemble du programme s’inscrit dans une démarche que ses organisateurs veulent pérenne, au-delà des quatre jours de septembre. Selon leurs mots, avec Oran PhotoLab, « la photographie vit toute l’année ».

En choisissant de faire dialoguer enjeux climatiques et récits de voyage, masterclass techniques et rencontres-débats, Oran PhotoLab affiche une ambition claire, celle de  replacer la ville d’Oran sur la carte des grands rendez-vous photographiques du pays, à l’heure où le monde entier célèbre les deux cents ans de cette invention qui continue de façonner notre rapport au réel.

Mohand Seghir

admin

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