La carte du monde redessinée : L’ONU confirme la réalité du Sahara occidental
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté vendredi une nouvelle carte du monde qui représente le Sahara occidental avec ses frontières reconnues internationalement, clairement distinctes de celles du Maroc, une décision qui vient réaffirmer la position onusienne fondée sur la séparation nette entre le territoire sahraoui et le territoire marocain. Selon l’agence de presse sahraouie (SPS), cette adoption confirme dans les faits, de manière visible et sans ambiguïté, que les Nations unies ne considèrent pas le Sahara occidental comme faisant partie de la carte politique du Maroc. Elle prolonge ainsi le traitement onusien réservé à ce territoire et à ses frontières propres, portant un nouveau coup aux tentatives marocaines de consacrer un fait accompli colonial et d’effacer la nature internationale du différend qui entoure le Sahara occidental.
Cette carte a été approuvée dans le cadre d’une résolution votée à une majorité écrasante, avec 164 voix pour, une seule voix contre et six abstentions. Le texte encourage le passage à des représentations cartographiques plus fidèles aux dimensions réelles des territoires et des continents, en soutenant l’adoption de la projection dite Équateur ou Egale Terre à la place de la projection de Mercator, longtemps critiquée pour la manière dont elle déforme les proportions entre le Nord et le Sud.
L’initiative a été portée par le Togo, avec l’appui de l’Union africaine, dans le cadre d’une campagne internationale en faveur d’une équité cartographique mondiale. Elle vise à encourager les gouvernements, les organisations internationales, les institutions éducatives et les médias à généraliser l’usage de cartes plus précises, que ce soit dans les manuels scolaires, les atlas, les sites officiels ou d’autres supports. Sur le plan strictement juridique, la résolution ne modifie en rien les frontières existantes ni le statut légal des territoires concernés.
Cette démarche constitue néanmoins un nouveau revers pour les efforts déployés par Rabat afin d’imposer un fait accompli et de brouiller la ligne de séparation entre le Sahara occidental et le Maroc dans les cartes, les documents et les représentations visuelles diffusées à travers le monde. Le fait de figurer le Sahara occidental comme un territoire distinct du Maroc au sein d’une représentation onusienne du globe ne crée certes aucune situation juridique inédite, mais il vient réaffirmer que l’organisation ne traite pas ce territoire comme une composante de la carte politique marocaine. Elle reconnaît au contraire sa spécificité géographique et politique, dans le cadre de son statut international de territoire occupé soumis au processus de décolonisation.
Cette signification prend un relief particulier au moment où le Maroc a intensifié, ces derniers mois, une campagne de communication destinée à faire croire que la résolution 2797 du Conseil de sécurité aurait provoqué un basculement radical dans la position des Nations unies sur le dossier du Sahara occidental. Or, la nouvelle carte onusienne offre, dans les faits, une image qui contredit ce récit. L’adoption d’une cartographie actualisée au sein du système des Nations unies n’intègre nullement le Sahara occidental au territoire marocain. Elle maintient au contraire la séparation frontalière entre le territoire et l’État occupant, ce qui confirme que le statut du Sahara occidental n’a toujours pas été tranché et qu’il demeure inscrit à l’agenda de l’organisation en tant que question de décolonisation non résolue.
R.I.

